‹ Théâtre de M. C. DelavigneChapitre 197 sur 327 · ACTE III, SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE VIII

PEMBROCK.

Cherchez des raisons qui me puissent confondre.

ESTELLE

(A part.)

Il ne faudrait qu'un mot! Je ne sais que répondre.

Et comment ce monsieur qui vient de nous quitter Sur un rôle avec vous peut-il se concerter?

ESTELLE, à part.

J'y suis!

PEMBROCK.

Votre embarras malgré vous se décèle.

ESTELLE

Connaissez-vous l'auteur de la pièce nouvelle?

PEMBROCK.

Non. Que m'importe? Ici qui peut vous amener?

ESTELLE

Rougissez donc ingrat de m'oser soupçonner.

PEMBROCK.

Je ne souffre que trop à vous croire parjure ; Achevez.

ESTELLE

Je m'adonne à la littérature.

PEMBROCK.

Vous!

9o LES COMÉDIENS.

ESTELLE

La pièce est de moi.

Vous auteur !

ESTELLE

Eh! mylord, Quelle femme aujourd'hui ne brigue un si beau sort ! En vain l'autorité d'un ridicule usage Confinait nos talens dans les soins d'un ménage : Le Pinde est envahi par des femmes auteurs; Devant nous la morale abaisse ses hauteurs ; Notre génie embrasse et peinture et musique , Et dans ses profondeurs sonde la politique. Des rigueurs du public j'osais braver recueil ; Je vous apparaissais , dans mes rêves d'orgueil , Aux acclamations d'un parterre unanime 9 Comme un astre écartant la nuit de l'anonyme ; Je vous voyais surpris, stupéfait, enchanté. Je n'ai rien fait, ingrat, pour la postérité; L'amour seul me guidait au temple de mémoire ; Oui , je voulais en dot vous apporter ma gloire , Et vous suivre à l'autel le front ceint de lauriers.

PEMBROCK.

Quoi! la pièce qu'on donne?., est-il vrai?., vous seriez?.. Se peut-il ? vous auteur ' Je ne me sens pas d'aise :

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