‹ Théâtre de M. C. DelavigneChapitre 242 sur 327 · ACTE I, SCENE L i8ï · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE L i8ï

DANVILLE

Je suis.

BONNARD

Quoi?

DANVILLE

Je suis marié,

Rien qu'à ton embarras je l'aurais parié. Pour la seconde fois !

DANVILLE

J'étais las du veuvage.

BONNARD

 soixante ans et plus !

DANVILLE

Ma foi , c'est un bel âge.

BONNARD

Sans m'avoir averti !

DANVILLE

Bon ! mon billet de part Aurait trop exercé ton esprit goguenard.

BONNARD

Ta femme a quarante ans ?

DANVILLE

Pas encore.

18a L'ÉCOLE DES VIEILLARDS.

BONNARD

Au moins trente?

DANVILLE

Pas tout-à-fait.

Combien ?

DANVILLE

Bonnard , elle est charmante !

C'est une grâce unique, un cœur, un enjoûment!... Je me sens rajeunir d'y penser seulement. Son père , resté veuf, chercha fortune aux îles. Hortense, loin de lui, coulait des jours tranquilles, Auprès de son aïeule , une dame Sinclair , Bonne femme, un peu vive, et femme du bel air, Qui sait rire, et qui garde, en sa verte vieillesse, Pour les plaisirs du monde un grand fonds de tendresse; Des succès de sa fille amoureuse à l'excès , Si l'on peut trop chérir de si justes succès. Hortense est un modèle; oui, Bonnard, je l'adore. Je la voyais souvent ; je la vis plus encore ; Je la vis tous les jours : bref, je parlai d'hymen. Je craignais de subir un fâcheux examen. Malgré mes cheveux blancs , dans sa reconnaissance , Dans son respect pour moi son amour prit naissance, Et je vis s'embellir mon arrière-saison

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