ACTE II, SCENE III. aa
Très-galant, beau danseur, tirant fort bien l'épée, Redoutable aux maris par plus d'une équipée...
DANVILLE
Redoutable aux maris !
BONNARD
D'autant plus dangereux, ' Qu'il aime comme un fou , quand il est amoureux ; Et le monde prétend qu'une femme jolie Ne peut voir sans pitié qu'on l'aime à la folie. On le plaint, et ma foi... Qu'as-tu donc? ~ *
Rien du tout.
BONNARD
La femme qui lui plaît le rencontre partout ; Dans les jardins publics...
DANVILLE
Ah ! oui.
BONNA.RD.
Dans les spectacles.
DANVILLE
Mais les maris sont là.
BONNARD
Bon! il rit des obstacles :
Quelquefois il fait mieux , il place les maris ;
aa8 L'ECOLE DES VIEILLARDS.
Il les place très-bien; mais Dieu sait à quel prix ! Tu m'entends.
DAtfVILLE.
Oh ! de reste »
BONNARD
Enfin tu vois du monde; Crois-moi, j'ai pour ta femme une estime profonde. Mais ne le reçois pas.
Non, je te le promets.
UN LAQUAIS
\ Monsieur le duc d'Elmar.
BONNARD
Tu le vois donc?
DANVILLE
Jamais.
S'il vient , c'est pour affaire , au moins , pas davantage.
BOIHNARD , en 6ouriant.
Ou bien , c'est qu'en montant il s'est trompé d'étage.