‹ Théâtre de M. C. DelavigneChapitre 270 sur 327 · ACTE II, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VI

HORTENSE

Jamais monsieur le Duc ne dit rien que d'aimable.

LE DUC

Ce discours n'est que juste.

BANVILLE

Il m'est trop favorable ; Aussi me touche-t-il comme il doit me toucher; Mais je crois qu'au ministre on ne doit rien cacher; J'ai déjà soixante ans...

LE DUC, vivement.

C'est l'âge qu'il préfère , Et c'est un vrai présent que je m'en vais lui faire. Depuis près de dix jours madame m'a promis D'embellir chez mon oncle une fête entre amis. Elle vous attendait, ma mémoire est fidèle, J'ai reçu sa parole et pour vous et pour elle. Venez donc , c'est au bal qu'il faut solliciter. Chez mon oncle, ce soir , je veux vous présenter; C'est conclu : ma voiture ensemble nous y mène, Et...

DANVILLE

Je suis fatigué, monsieur , j'arrive à peine.

HORTENSE

Le bal délasse.

DANVILLE

Et puis , moi-même je reçois.

HORTENSE

Qui? votre ami Bonnard, ce monsieur. d'autrefois.

DANVILLE

Monsieur l'estime fort.

HORTENSE

Et conviendra, je gage.

Que du siècle passé c'est la vivante image.

LE DUC y en riant.

Madame...

DANVILLE

Il vient ce soir.

HORTENSE

Pour le recevoir mieux, Avez-vous invité quelqu'un... de vos aïeux?

DANVILLE

Hortense !

HORTENSE

C'est fini. Paix; allons, je plaisante; On croirait à vous voir que je suis médisante.

(Au Duc.)

Le suis-je? Jugez-nous.

DANVILLE

Brisons là.

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