ACTE II, SCÈNE VII. *4i
S'il faut, au lieu de Vous, dire Votre Excellence,
Ou, Mécène du jour, flatter les favoris
De l'Apollon bâtard qu'on adore à Paris.
Je ne sais pas encor de quel air on écoute
Vos auteurs nébuleux auxquels je n'entends goutte,
Et tout leur bel esprit ne fait que in étourdir ,
Moi , qui cherche à comprendre avant que d'applaudir.
De traiter ces messieurs j'aurais eu la manie,
Si j'étais assez sot pour me croire un génie ;
Mais, grâce à du bon sens, je sais ce que je vaux.
Jouissez sans fracas du fruit de mes travaux,
Avec de bonnes gens , des gens qu'on puisse entendre,
Qui de leur nom pour nous n'aient pas l'air de descendre ,
Qui ne m'observent pas pour me prendre en défaut,
Si je parle sans gène ou si je ris trop haut,
Et ne croient pas me faire une grâce infinie
En me trouvant chez moi de bonne compagnie.
Voilà mes gens; voilà les amis que je veux,
Sur qu'ils seront pour moi ce que je suis pour eux.
HORTEWSX.
Revenons à ce bal , et jugez mieux la chose. Ce n'est pas un plaisir qu'ici je vous propose; Mais c'est une démarche, et voyez le grand mal De passer pour affaire une heure ou deux au bal. Il faut Caire sa cour : voilà comme on prospère;
Mais vous, de vous placer .vraiment je désespère.
djjvville.
Eh ! ne me placez pas , madame, laissez-moi , Heureux avec la foule , y vieillir sans emploi. J'y suis libre ; il vaut mieux, receveur des plus minces. Toucher ses revenus que ceux de dix provinces ; Et je ne veux pas , moi, pour me hausser d'un cran , Vendre ma liberté cent mille écus par an.
HORTENSE
Eh bien, comme au spectacle, allez à cette fête; Pour moi , là, voulez- vous? Venez , j'en perds la tête : Que d'objets, que de gens inconnus jusqu'alors! Tous les ambassadeurs , des maréchaux , des lords , Des artistes , la fleur de la littérature ; Des femmes! Quel éclat, quel goût dans leur parure! Dieu! les beaux di amans!... Et c'est ce soir, j'irai, Oui , j'irai, nous irons , monsieur, ou j'en mourrai.
DANVILLE
Non, vous n'en mourrez pas, et vous verrez, ma chère Qu'on peut avec Bonnard , bien qu'il ne danse guère, Passer le soir gaiment , sans façon , sans apprêts , Souper même au besoin , et vivre encore après.
HORTENSE
Voulez-vous sans pitié chagriner votre Hortense? Me tiendrez- vous rigueur?... Eh! quelle est mon offentfj