ACTE III, SCENE II. a5i
Bonnard dont sur ce point l'honneur est. si rétif,
D'un courage héroïque a vaincu son scrupule ,^Cr. ^ > , { ajl 4 l
11 a sauvé mon fils!... est-il si ridicule?
Non, non, de mes amis aucun n'eût fait cela;
Plus que tous leurs discours j'admire ce trait-là.
Il n'est pas de bon mot qui vaille un bon office;
Mais votre femme aussi peut faire un sacrifice.
Ce bal où sôus vos yeux je dansais en espoir, )
Ce bal , il fut huit jours mon rêve chaque soir;
Huit jours , à mon réveil , ma première pensée : ^
Eh bien! je n'irais pas quand j'y serais forcée!
C'en est fait, votre ami lui sera préféré.
DÀNVILLE.
Vous aurez ce courage, est-ii vrai ?
HORTENSE
Je l'aurai.
Adieu tous mes projets , je reste sans murmure , Et pour monsieur Bonnard je garde ma parure. Je reste avec plaisir. Tout-à-1'heure à vos yeux J'étais bien , n'est-ce pas? Maintenant je suis mieux. J'en suis sûre.
DAIC ville.
Ah ! cent fois !
a 5a L'ÉCOLE DES VIEILLARDS.
HORTEtfSE.
]Vf aimez-vous ?
Je t'adore.
HORTENSE
Mes torts étaient bien grands.
DANVILLE
Les miens plus grands encore
HORTENSE
À vos ordres jamais je ne veux résister.
DAJtfVILLE.
Non ; jamais contre toi je ne veux m' emporter.
HORTEICSE.
Loin de nous ces débats qui troublent les ménages.
DANVILLE
Les raccommodemens ont bien leurs avantages.
HORTENSE
v ^v Mon ami!
DANVILLE
Chère Hortensel
HORTENSE
Au fond , convenez-en , Vous défendez Bonnard en zélé partisan , Et vous avez raison , puisqu'il vous rend service ; Mais vous traitez le Duc avec moins de justice.