‹ Théâtre de M. C. DelavigneChapitre 289 sur 327 · ACTE III, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE V

Par malheur sa gaîté suit le cours de la rente ,

Je n'en répondrais pas ; mais sans lui nous rirons.

Pour des originaux, ma foi, nous en aurons;

Tout Paris y sera , jugez! Dans le grand monde,

Si l'esprit est commun , le ridicule abonde.

Vos bons mots vont courir, et, répétés cent fois,

Feront vivre les sots défrayée pour un mois ,

Et la ville et la cour diront que tant de charmes ,

Bien qu'ils soient tout puissans , sont vos plus faibles armes.

HORTENSE

A m'amuser beaucoup comme vous je pensais, J'en conviens; mais prétendre à de si grands succès!

LE DUC

Près des femmes! oh! non! redoutez leur colère : On ne vante jamais que ceux qu'on ne craint guère. Que de dames ce soir vont mourir de dépit I

HORTENSE

Vous croyez ?

LE DUC

J'en suis sûr. Nos beautés en crédit Ne pourront sans fureur vous céder la victoire ; Mais beaucoup d'ennemis prouvent beaucoup de gloire ; A force de succès on s'en fait tant qu'on peut : Vous en aurez bon nombre, et n'en a pas qui veut. Veinez.

HORTENSE

Si par un mot j'avertissais Danville ?

LE DUC

Ah ! quelle heureuse idée !

MADAME SINCLAIR

Et quoi de plus facile ?

( Faisant asseoir Hortense auprès d'une table , et arrangeant sa coiffure

pendant qu'elle écrit.)

Peins-lui ton embarras , le mien , en ajoutant Que tu ne veux d'ici t'absenter qu'un instant.

le duc.

Entre les candidats le ministre balance.

MADAME SINCLAIR

Il est très-important de voir Son Excellence.

HORTENSE , en écrivant.

Il n'aura pas le temps d'en prendre du chagrin , Nous allons revenir.

(À madame Sinclair.;

Valentin...

MADAME SINCLAIR

Valentin !

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