‹ Théâtre de M. C. DelavigneChapitre 71 sur 327 · IDAMORE, ALVAR · texte numérisé non relu

IDAMORE, ALVAR

ALVAR

Tout repose dans l'ombre, et le seul Idamore Des murs de Bénarès s'échappe avant l'aurore! Quel est ce bois antique où vos pas m'ont conduit? Mais j'entrevois un temple, et l'astre de la nuit, Dont les faibles rayons nous guident sous l'ombrage, Du dieu de llndostan me découvre l'image.... Sans répondre à ma voix, d'où vient que vous errez 3pus ces palmiers épais à Brama consacrés?

1DAMOBE.

Bientôt du jour naissant les clartés vont éclore, Et pourtant Néala ne paraît point encore.

ALVAR

Dieu ! quel nom vénérable osez-vous proférer ? Néala !... Près de vous quel soin peut l'attirer? La fille d'Akébar, d'un prêtre, d'un bramine!

1DAMORE.

Oui , cet unique fruit d'une tige divine , Cette beauté cachée à l'ombre des autels, Qui n'éblouit nos yeux qu'en des jours solennels, Et qui, des lis du Gange au temple couronnée, Fut à l'hymen du fleuve en naissant destinée, Je l'adore...

ALVAR

Ah! qu'en tends-je?

1DAMORE.

Et mon amour jaloux Prétend la disputer à son céleste époux. Le message secret que ses mains m'ont fait rendre Dans ce lieu redouté m'ordonne de l'attendre ; Elle y doit devancer l'instant où le soleil Voit le peuple en prière adorer son réveil ; Mais, si j'en crois les fleurs dont le triste assemblage Du cœur de Néala m'a transmis le langage,

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