ACTE I, SCENE V
En riant se couronne ; Chantons en lui le père des saisons.
LE PEUPLE
Chantons , chantons en lui le père des saisons , Qui doivent à ses dons L'éclat changeant de leur couronne.
UNE VOIX , parmi le peuple.
Ce doux pays , agréable à ses yeux , Est un jardin paré de ses largesses ; Ce doux pays reçoit du haut des cieux De ses rayons les premières caresses.
UNE AUTRE
Sous une forme humaine il habita nos monts , Des fureurs du serpent délivra nos campagnes ; Il apprit aux bergers de divines chansons , Que répétaient en chœur neuf vierges ses compagnes (1).
CHOEUR
Ce doux pays /agréable à ses yeux , Répète encor ses vers mélodieux.
SECOND BRAME
Eh ! comment garder le silence ?
Le réveil de la terre est un hymne d'amour : Dans les forêts , que leur souffle balance , Les brises du matin célèbrent son retour ; La mer, qui se soulève , en grondant le salue ; Tourné vers l'orient , où brille un nouveau jour,
(1) Sonnerat, W« Jones.
Le lion se prosterne et rugit à sa vue ; Pour lui porter ses vœux au céleste séjour,
L'aigle, en poussant des cris, s'élance
Eh ! comment garder le silence ?
Le réveil de la terre est un hymne d'amour.
UN GUERRIER
Je viens d'armer mon fils > soleil , de ton passage Que, féconde en bienfaits , sa gloire offre l'image : Qu'on admire l'éclat de ses exploits naissans ;
Que le midi de sa noble carrière Brille , comme le tien , de feux éhlouissans ; Qu'il meure comme toi dans des flots de lumière.