ID AVOUE
Mon malheur. Vous qu'un vain peuple adore, Qui portez saintement d'inévitables coups; Oui, vous, mon ennemi, le plus cruel de tous; Oui, ce que n'auraient pu ni Chrétiens ni Tartares, Vous l'avez fait : c'est vous... Malheureux , tu t'égares!
▲Kifi A.R.
Que répondre, Idamore, à ces vagues discours, Dont la fureur commence et rompt soudain le cours ? 0 vous qui m'accusez, je plains votre délire. Connaissez-la cette âme où vous avez cru lire : Moi, me préoccuper de soins ambitieux, Quand la nuit du tombeau se répand sur mes yeux, Quand l'eau lustrale attend ma dépouille glacée? Qu'un plus sublime objet absorbe ma pensée ! Le bonheur de ma fille, après mes longs combats, Est l'unique devoir qui me trouble ici-bas. Le ciel, dont la bonté la rend à mes tendresses, A dérobé sa tête au bandeau des prêtresses.
Une illustre alliance embellirait ses jours ;
aoa LE PARIA.
J'ai cherché dans l'armée, au temple, dans les cours, Quelque mortel si grand, que son sang trouvât grâce Devant l'éclat divin des auteurs de ma race.
IDAMORE
11 est choisi sans doute?;
AKÉBAR.
Oui, seigneur. Je le croi Digne de mes aïeux, de ma fille et de moi.
IDAMORE
Son nom ?...
AKÉBAR.
Il porte un nom que llndostan révère.
Le destin des combats ne lui fut point sévère. Il est brave, puissant...
IDAMORE
Mais enfin, cet époux, Ce vainqueur, ce héros, quel est-il donc ?
AKÉBAR.
C'est vous.
IDAMORE
Qu'entends-je!
AKÉBAR.
Le voilà cet ennemi terrible.
IDAMORE
Àh! croyez... J'ignorais... O ciel! est-il possible?