ACTE II, SCENE V
IDAMORE
Néalal...
MÉAXÀ.
Qu'avez-vous?
Si vous saviez...
n£ala.
Eh bien?
IDAMORE
Détruirai-je d'un mot mon bonheur et le sien? Vous m'aimez ?
mÊALA.
Moi, grands dieux!
IDAMORE
Mais d'un amour extrême, Sans borne, égal au mien?
WJÉALA.
J'en appelle à vous-même.
IDAMORE
Cest moi que vous aimez , non le chef des guerriers , Non l'éclat de mon rang, mes titres, mes lauriers? Quel que soit l'abandon où l'avenir me livre ,
A ces biens fugitifs votre amour doit survivre ?
NJÉALA.
En doutez-vous?
ao8 LE PARIA.
IDAMORE
Jamais vous ne les avez plaints Ces malheureux, privés de l'aspect des humains...
NÉ AL A
Comment?...
IDAMORE.'
Dont la tribu, proscrite et vagabonde, Traîne après soi F horreur et les mépris du monde?
NÉALA.
N'achevez pas : leur nom est funeste, odieux; Il souillerait l'air pur qu'on respire en ces lieux.
IDAMORE
Un d'eux... il était las de son sort misérable... Secouant tout à coup l'opprobre qui l'accable, Il vient, combat, triomphe. Admis dans les cités, Il profane les murs par vous-même habités.
NÉALA.
Ah ! que de son abord votre bras m'affranchisse; Un ennemi du ciel! un monstre!... Qu'il périsse! Point de pitié, frappez !
IDAMORE
Frappez donc .votre époux:
Cet ennemi, ce monstre, embrasse vos genoux. Frappez.