IVAN T-P R O P O S
J'ai voulu faire un mélodrame ; et je crois avoir bien choisi le sujet <i'HÊRO ET LÉANDRE. Ovide m'a fourni plusieurs traits ; c'est le seul mérite de cette baçratelle.
Je ne détaillerai point les défauts du Baiîer, et de Blakche et \'er- MEiLLE, parcequ'on leur en a trouvé beaucoup. La féerie et la pastorale ne sont pins de mode; et l'on a raison de rejetter un genre trop éloigné de la. nature. Plus j'ai senti le défaut de ce genre , plus je me suis attaché à les soutenir par le style. Le temps et le travail n'y ont pas été épargnés.
J'ai refait le Baiser en trois, en deux, en un acte ; en opéra comique , en comédie. J'ai donné Blanche et A er-
meille en prose , je l'ai remise en vers. Ces deux pièces n'en sont peut-être pas meilleures ; mais je les joins à ce recueil, parceque l'enfant que l'on chérit le mieux est toujours celui qui a pensé mourir.
Les ouvrages dont je viens déparier composent tout mon petit théâtre. Le rôle d'Arlequin le rend plus difficile qu'un autre à représenter dans les provinces , où presque toutes les troupes manquent d'Arlequin.
Quoique ce rôle perde beaucoup sans l'habit et sans le masque , on peut cependant le remplacer par un Lubin semblable à celui de la seconde surprise DE l'amour. C'est à-peu-près le mômo caractère ; et l'expérience tu
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a été faite dans plusieurs villes , oà tous mes Arlequins ont été joués avec succès par des Lubins. On auroit encore moins de peine à faire du Bon Père un bon bourgeois qui s'appellcroit M. Mondor.
Ces ta ce court recueil que je borne ma carrière dramatique : je la trouve trop difficile pour mon foible talent.
J'ai fait de mon mieux : je n'ai pas trop bien fait ; c'est une raison de plus pour me reposer. Je me suis hasardé sur une mer orageuse avec une petite nacelle ; c'étoit une imprudence. Heureusement ma nacelle , après deux ou trois coups de vent, est rentrée saine et sauve dans le port ; j'en remercie le ciel , et je n'ai rien ds
mieux à faire que d'offrir mon petit bateau en action de grâce au dieu qui m'a sauvé : ce dieu est le public , c« jccueil est ma nacelle.