SCENE III
près de vous dans la maison de monsieur votre père, vous m'avez dotée , vous m'avez mariée à un époux qui lait le bonheur de ma vie ; je tiens tout de vous seule , et je suis obligée de faire aveuglément tout ce que vous desirez : jusqu'à présent , vous avez reçu , sous mon adresse , les lettres de M. Lélio ; je n'ai jamais osé confier à mon mari que je vous rendois ce service : mais enfin...
Garde-t'en bien , ma chère Argentine. Arlequin n'a point de raisons pour m'étre attaché ; il en a millepour l'être à mon père : c'est mon père qu'il a servi ; et son respect pour son ancien maître lui feroit trahir mon secret. D'ailleurs , je connois ton mari ; aussi babillard qcQionnête homme, il n'imagine pas que l'on puisse cacher quelque chose. Tout seroit perdu s'il étoit instruit. Je te supplie donc , ma
94 LE BON MENAGE, cliere Argentine , parla tenclreamitié que j'ai toujours eue pour toi , de me jurer ici de nouveau que , quelque chose qui puisse arriver , tu ne révéleras jamais mon secret à ton mari.
ARGENTINE
Je vous en donne ma parole , quoi qu'il m'encoùtepourvous la donner.
Ma chère maîtresse , je vous conjure de faire cesser la peine et l'inquiétude où je suis. \ous ne doutez pas démon zèle , vous oonnoissez ma tendresse pour vous... passez-moi ce terme; on n'offense personne en l'aimant: vous êtes bien certaine que je ferai toujours tout ce qui pourra vous plaire ; mais cela même vous oblige d'être prudente pouj- nous deux.
Je le serai , ma cliere amie , et j'ai grainl besoin de l'être ; car enfin il iaut t'avouer que je porte dans mon gein un gage de mou amour.