‹ Théâtre de m. de Florian (volume 2)Chapitre 49 sur 105 · SCENE XII · texte numérisé non relu

SCENE XII

suis. ( Il relit l'adresse. )A madame Argent!ne.( Il se frotte les yeux. ) AmadamcAvgeutiue. Tenez , madame,,

ARGENTINE

Mon ami

ARLEQUIN

Je ne le suis plus votre ami : vous m'avez trompé; et c'est d'autant plus affreux, que je ne vivois que pour vous croire. Comment I vous qui me parliez toujours de votre tendresse pour moi , vous qui étiez toujours pendue à mon bras ou à mon cou , vous faisiez semblant de m'aimer pour mieux me trahir! vous m'embrassiez pour m'empécher d'y voir clair ! Voilà ce qui m'indigne le plus ; car je ne parle pas de mariage , ce n'est rien cela auprès de l'amour.

ARGENTINE

Eh bien!... (à part. )IVon, je serai fidèle à ma bienfaitrice. ( haut. ) Je voua demande , je vous supplie de suspen-

die votre colère; je me justifierai, sovez-ensLir , et vous serez alors...

ARLEQUIN, avec colère.

Comment vous seroit-il possible de vous justifier? Vous sortez sans vouloir me dire où vous allez ; un domestique apporte cette lettre ; il me recommande de vous la donner en secret...\'ous venez de l'entendre cette lettre , elle est claire; il n'y a pas une feule phrase , pas un seul mot qui ne (lise intellii^iblement que vous êtes une infidèle. Elle est bien pour vous cette lettre ; voilà votre nom , le voilà ; je le vois , je le lis ; je n'ai pas le bonheur d'être aveugle. M Lélio vous y donne un rendez-vous , où vous avez couru , même avant de le recevoir; carvousveiiezdechezM. Lélio, j'en suis sûr , je le sais , je l'ai vu , je vous ai suivie. Osez m'assurer que vous ne venez pas du chez M. Lélio.

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