SCENE r. i5p
OL! si la peur vous prend , tout est perdu. Mettez -vous donc bien dan« la tête que, depuis que le monde est monde , il n'y a jamais eu d'homme étranglé par une femme , pour lui avoir dit qu'il l'aimoil. De tous les tours qu'on peut nous jouer , c'est celui-là que nous pardonnons le plus aiiéraent : je vous dis le secret du corps , moi ; c'est à vous d'en profiter.
Mais....
Mais j'en sais plus que vous, et votre bonheur m'est aussi cher que le mien; car je ne sais pas pourquoi l'on s'intéresse toujours àceux qui ne sont bDns qu'à nous donner du chagrin :
croyez-moi, suivez mes avis, vous réussirez.
i6o LE BON PERE.
Je ne demande pas mieux: que fautil faire?
Commencez par aller écrire à votre colonel , et demandez un mois de délai. Pendant ce temps , je me charge de vous faire expliquer vous et mademoiselle Nisida. ( Cléante la regarde , et ne sort point. ) Allez donc , ne perdez pas <le temps. Faut-il que ce soit moi qui écrive à votre colonel ?
CLÉANTE
Comme tu es vive ! Attends un mo»
ment...
Il n'y a point à attendre , allez écrire ; reposez-vous sur moi du reste, et reprenez cette gaieté charmante qui vous fait aimer de tout le monde.
Songez que c'est aujourd'hui la fèîc de votre maîtresse ; occupez-vous du bouquet , du compliment que voui