‹ Théâtre de m. de Florian (volume 2)Chapitre 65 sur 105 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

pellte ville d'Italie, et qu'il ne possède ses richesses que par un hasard singulier. \ous êtes un homme de condition, capitaine de cavalerie à vinet ans , aimé , considéré de tous ceux qui vous connoissent ; jamais votre réputation n'a été effletirée par la moindre étourderie...

A cela je n'ai point de mérite; quand on est pauvre, on n'a que la ressource d'être sage.

Cela peut être ; mais bien des gens ignorent leurs ressources. La fortune est donc la seule qui ne vous ait pas bien traité. C'est un malheur pour vous, et un bonheur pour celle qui TOUS épousera : car vous lui devrez tout ; et il me senvblc qu'il iaut bien estimer quelqu'un pour consciitir à lui devoir tout.

i58 LE BON PERE.

Ces réflexions-là ne me sont pas permises.

Écoutez-moi , monsieur ; j'ai toujours eu une manière de me conduire qui ma réussi. Mon grand principe »

c'est qu'il faut céder à son cœur toutes les fois qu'il c^t plus fort que notre raison. Examinez-vous bien. Si vous croyez pouvoir oublier mademoiselle Nisida , il faut retourner à votre régiment , suivre le service , et reprendre par votre mérite la place que le sort vous a ôtée : s'il vous est impossible de vivre sans mademoiselle Nisida, ma foi , il faut rester ici plutôt que d<î mourir ; il faut lui parler , lui dêcou- Viir qui vous êtes, lui dire que vous l'aimez...

Oli ! jamais ]o u'oâcrai, Ncrine...

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