SCENE II. i
. depuis quelque temps elle aimebeaucoup à être seule.
ARLEQUIN
Il ne faut pas la déranger. Crois-tu qu'elle se doute de la petite fête que je lui prépare pour ce soir?
Je ne le crois pas , monsieur.
ARLEQUIN
Nos musiciens viendront-ils ?
Ils doivent être ici de bonne heure, et je les ferai caclier dans le petit salon , pour que mademoiselle Nisida ne puisse pas les v oir.
ARLEQUIN
C'est bien. L'important est que ma fdle ne s'attende à rien , et qu'en sortant de table, elle trouve le salon tout en fleurs , tout en lumières , avec une musique terrible , et son nom écrit par-tout en guirlandes. Ensuite Içs marchands entreront, et tu auras soin
i64 LE BON PERE.
de faire porter dans la cliambredeNisidatout ce qui aura l'air de lui plaire. Je paierai tout , je suis riche , et je ne trouve bien employé que l'argent dépensé pour ma fille. Avoue que j'ai raison , et que ma Nisida est charmante.
Tout le monde n'a c£u'un avis làdessus,
A RLEQUIN.
C'est qu'elle ressemble à sa mère , ma pauvre Argentine, que j'ai tant pleurée. Hélas! après vingt ans de mariage , je l'ai perdue au moment où je fia ma grande fortune. Nous n'avions jamais eu qu'une seule queielle, encore étoit'Ce moi qui avois tort. Tiens, voilà son portrait, voilà tout ce qui m'en reste. .. Ah! Nérine, netemario jamais; il est si affreux de s'aimer et de mourir l'un après l'autre !