‹ Théâtre de m. de Florian (volume 2)Chapitre 70 sur 105 · SCENE II. i · texte numérisé non relu

SCENE II. i

Allons, monsieur, pourquoi vous aldiger?...

ARLEQUIN, pleurant. " Ce n'est pas s'afiliger que de pleurer ceux que l'on regrette ; au contraire, Nérine, j'ai du plaisir à me rappeller ma femme et mes deux petits garçons. Comme j'étois heureux quand ils vivoient! Nous n'étions pa« riches , mais nous avions la paix , la joie etl'amour : avec cela , on ne manque pas de grand' chose. Hélas ! ils ont tout emporté.

Comment pouvez-vous oublier ce qui vous reste ? L'estime générale , une grande fortune , des amis , une iille unique dont vous devez être fier, tout vous assure une vieillesse douce et honorable. Mademoiselle Nisida ne tardera guère à se marier ; elle sera heureuse , car vous êtes assez riche

j66 le bon PERE.

pour lui laisser choisir un époux selon son cœur.Votre gendre, votre fille, vos petits - enfants , vous béniront, vous soigneront ; vous serez au milieu d'eux le point de réunion de leur bonheur et de leur tendresse. Allez, allez, monsieur , c'est peut-être le plus doux moment de la vie; et je crois qu'un vieillard entouré de ceux qu'il a comblés de biens , a cent fois j)lus de vrais plaisirs que le plus heureux jeune homme,

J'espère que tu as raison : d'ailleurs , je me dis tous les jours que les pleurs ne servent de rien. Aujourd'hui , il ne m'est pas permis d être triste ; parlons de ma fille. Je vouclrois bien pouvoir trouver quelque joli couplet que je lui caanterois ce soir : mais je n'ai jamais fait de vers; et il ne suffit pas de bien penser, pour bien dire.

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