SCENE VIII. iSj que mademoiselle votre fille
ARLEQUIN
Quant à toi, Néiine, je ne t'ai pas oubliée : j'ai remarqué depuis long-temps l'amitié qui règne entre Cléante et toi; j'ai profité de l'occasion pour faire votre bonheur à tous deux. Je t'assure une dot fort honnête, et tu épouseras Cléante le jour même du mariage de ma fille.
J'épouserai monsieur Cléante , jnoi!
ARLEQUIN
Oui ; tu ne t'y attendois pas , n'estil pas vrai? J'ai voulu vous surprendre, parceque les choses qu'on désire font cent fois plus de plaiiir quand elles viennent sans qu'on y perLse. Eh bien!... vous voilà tous interdits....
Vous ne me remerciez seulement pas... Qu'as-tu donc, Cléante? Je ne t'ai jamais vu comme te voilà.
i88 LE BON PERE.
Il faut lui pardonner, monsieur;
c'est l'amour... la joie Ce pauvre
garçon ne s'attendoit pas à m'épou- «er si promptement.
ARLEQUIN
Ma chère Nisida, tu n'as pas l'air d être contente de ce que je viens de t'apprendre. Ecoute donc : je désire ▼ivement de te voir la femme du marquis d'Yrville, et je t'en dirai les raisons ; mais si cela ne te convient pas, tu me diras les tiennes , qui seront les meilleures,
NISIDA
Mon père, je suis pénétrt^e de reconnoissance et d'amour pour vous...
Mais je voudrois vous parler sans témoin.
Tu m'inquiètes, ma fille. (àCIëante et Nérine.) Elle dit qu'elle veut me parler sans témoin ; je crois qu'il fau^ <^uc vous veut en alliez.