SCENE XIV. 2o
maison pour toujours : mais tout esl changé.
S'il n'y a que ce mariage de rompu, ]e suis trop vrai pour aous cacher qu'il ne pouvoit pas avoir lieu.
ARLEQUIN
Hélas ! je me^uis donc trompé dans cela comme dans bien d'autres choses.
iMais ce qui me coûte le plus à ta dire, ce qui me cause le plus de chagrin, c'est que je suis forcé de te deinander un service.
Ah! monsieur! ordonnez, parlez; que faut-il faire ?
J'en suis bien fâché, j'en suis désespéré ; mais il faut que tu aies la bonté de t'en aller.
De quitter votre maison?
2o6 LE BON PERE»
ARLEQUIN
Oui, mon cher anil. >
Ai-je eu le malheui' de vous dé-»
plaire ?
ARLEQUIN-
Au contraire, je t'ai voué la plua tendr/e amitié ; je ne sais même comment je ferai pour me passer de ta se-» ciété : ton esprit, ton travail, me sont agréables et nécessaires ; je t'estime, je t'aime, je^sens mieux que.per^onne tout ce que tu vaux: mais, cjuoi qu'il puisse m'en£ijùter, il faut, mon cher ami, que tu t'en. ailles.
c L É A N T E. yUp
Ai-jG offensé quelqu'un dans votre maiçon? vous a-t-on fait quelqua plainte;*'
ARLEQUIN
Pour cela, il s'en faut bien; tu e3 doux, sorviable, toujours prêt 'i obliger ; tu n'fts de querelle avec per-