SCENE IX
Jnolselle Lucette , de vouloir bien ' être mon exécutrice testamentaire.
D'abord , je demande paidon à ma mère de m 'être fait tuer sans sa permission: mais comme c'est le premier chagrin que je lui ai donné , j'espère qu'elle me le pardonnera pour cette fois; l'assurant bien , du fond de mon ame, que jamais il ne m'arrivera plus de rien faire qui lui déplaise, et que je ne regrette de ce monde que le bonheur et le plaisir de l'armer.
Je donne et lègue à mademoiselle Lucette tout le bien paternel dont je peux disposer sans mettre ma mère mal à son aise; lui ,pai-donnaut ma mort et tout cexju'eile m'a fait soufim , et désirant de toute mon ame fju elle soit heureuse avec celui qu'ello m'a préféré. Je mets pourtant la con- (Wtion à ce legs, que le premier gar- *^«>n de mademoiselle Lucette sera
6i LA BONNE MERE.
nommé Arlequin, et qu'elle pensera quelquefois à moi en aimant et en caressant Arlequin, ce qvji m'empêchera de m'ennuyer dans l'autra monde.
Je donne encore et lègue une petite pension aliinentaire au petit chien. Aza, que j'ai donné à mademoiselle Lucette; sentant fort bien que ce petit chien ne sera plus aimé de sa maîtresse, quand elle aura épousé mon rival, et ne voulant pas que ce bon petit chien, qui a été mon camarade, meure de faim pour avoirdéplu comme mol.
Voilà à quoi se réduisent toutes
mes volontés: c'est la première et la
dernière fois (jue j'en ai d'autres qu»
celles de mademoiselle Lucette.
Siirné Arlequin*.
(.arlequin veut reprendre le testament, LucetI* !• retient. )
Arlequin , gardez votr« bien: mais