LE TABELLION
Je TOUS en fais mon compliment.
3Iais est-ce là votre habit de noces ?
ARLEQUIN
Non , non , c'est mon habit de la ▼aille.
MATHURINE
Ta mère sort de chez moi; elle savoit déjà la folie que tu as faite , et elle est allée chez le capitaine pour acheter ton congé.
ARLEQUIN
Elle a raison , ma mère , car voici mon colonel ; et je quitte le capitaine pour suivre le colonel. Je sais ce que c'est que la subordination.
MATHURINE
Ce n'est pas tout. Voici un titre avec lequel je pouvois ruiner ta bonne mère et toi-même. Tant quetulë sauxùii dans mes mains , tu te croirois
-jfi LA BONNE MERE.
obligé de m'aimer , pour que je n'en fisse pas usage. Il faut que tu m'aimes , comme tu le disois tantôt , seulement pour ton plaisir : tieiis , voilà
ton titre- ( Elle le déchire. ) D U V A L.
Ah, madame!
MATHURINE
Un moment. Sais-tu ce qu'il m'en a coûté , ma fille , pour assurer le repos du bon Arlequin , de sa mère , et pour faire avouer à monsieur qu'il ne t'avoit jamais aimée? une promesse de mariage, qu'il faudra bien tenir, si monsieur l'exige, après certaines dispositions que je veux faire auparavant.
Monsieur le tabellion, écrivez que, par-dessus la dot quirevient à ma fille, je lui donne dès aujourd'hui tout ce que je possède dans le monde , tout c« que je pourrai jamaisposséder; que je me remets entièrement à sa disposition : et expliquez cela de maniero qu'il soit aussi clair que tout mon