‹ Théâtre de m. de FlorianChapitre 47 sur 104 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

MARCELLE, à part.

Je m'en étois bien doutée, (haut.) C'est égal , mon ami , va-t'en ; j'ai beaucoup filé cette semaine , il faut que je mette mon fil en écheveau.

Cela ne me fatiguera pas ; et je n'ai pas besoin de toi.

Votre fil est en écheveau. J'avois les bras un peu engourdis ce matin d'avoir sarclé dans la rosée ; pour les dégourdir, j'ai dévidé votre fil. Ensuite , j'ai été chercher notre vache que ce drôle de vacher n'avoit pas ramenée hier au soir du bois. Je l'ai mise dans notre étable ; j'ai donné de la litière fraîche au petit veau; j'ai fait votre lit, le mien aussi ; la vache a du foin , notre dîner cuit ; vous n'avez rien à faire qu'à vous tranquilliser, et je ne veux pas m'en aller; t'eit-il clair cela?

MARCELLE

Mais écoute. Je suis un peu fatiguée, et je voudrois dormir ; tu ne peux pas dormir pour moi ; et si tu restes , tu me réveilleras.

Je ne vous réveillerai point , parceque je rais m'amusera lire ces fables ; et en lisant des yeux , comme madame lit toujours quand elle se promené , je ne ferai point de bruit.

MARCELLE

Si fait , si fait.

Non , non , ma mère.

MARCELLE

Nous allons voir ; je t'avertis que je dors.

r I R M I N, Bonne nuit.

MARCELLE, 5i part.

Faisons semblant de doimir , c'est le seul moyen de le faire aller voir

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