‹ Théâtre de m. de FlorianChapitre 53 sur 104 · MARCELLE, GIRAUT · texte numérisé non relu

MARCELLE, GIRAUT

L/iEu VOUS garde , madame Marcelle ! Eh bien, comment va la santé?

MARCELLE

Assez bien , monsieur Giraut. Et la vôtre ?

GIRAUT

Comme cela. Les temps sont bien durs , madame Marcelle,

MARCELLE

Oui ; les gens riches s'en plaignent beaucoup.

G I R A tr T.

Le fils de madame la comtesse tire de temps en temps de petits mandats SUT moi , qui ne me- réjouissent guère. Je n'ose pas m'en plaindre à ma-

lo.î LE BON FILS, dame de Gircour, parcequ'elle est Lien vieille , et que si elle venoit à mourir , M. le comte , fâché contre moi , ne me laisseroit pas ma ferme:

de sorte qu'il faut payer mes quartiers à madame , envoyer de l'argent à monsieur ; et par-dessus tout cela , lenouveller mes baux aujourd'hui.

MARCELLE

Mais cela ne vous coûtera rien de renouveller vos baux.

Qu'appellez-vous rien? Ne faut-il pas donner mille écus au factotum de madame , à ce M. Finaut , qui fait si fort l'important? Si je ne lui donnois pas ce pot de vin , il seroit capable do me faire ôtcr le bail, et je perdrois alors , non seulement ma ferme , mais toutes les avances f]ue j'ai faites au fils de madame. Or, ces mille écus , il faut les trouver, et voilà justement ce qui m'embarrasse.

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