MARCELLE, GIRAUT
L/iEu VOUS garde , madame Marcelle ! Eh bien, comment va la santé?
MARCELLE
Assez bien , monsieur Giraut. Et la vôtre ?
GIRAUT
Comme cela. Les temps sont bien durs , madame Marcelle,
MARCELLE
Oui ; les gens riches s'en plaignent beaucoup.
G I R A tr T.
Le fils de madame la comtesse tire de temps en temps de petits mandats SUT moi , qui ne me- réjouissent guère. Je n'ose pas m'en plaindre à ma-
lo.î LE BON FILS, dame de Gircour, parcequ'elle est Lien vieille , et que si elle venoit à mourir , M. le comte , fâché contre moi , ne me laisseroit pas ma ferme:
de sorte qu'il faut payer mes quartiers à madame , envoyer de l'argent à monsieur ; et par-dessus tout cela , lenouveller mes baux aujourd'hui.
MARCELLE
Mais cela ne vous coûtera rien de renouveller vos baux.
Qu'appellez-vous rien? Ne faut-il pas donner mille écus au factotum de madame , à ce M. Finaut , qui fait si fort l'important? Si je ne lui donnois pas ce pot de vin , il seroit capable do me faire ôtcr le bail, et je perdrois alors , non seulement ma ferme , mais toutes les avances f]ue j'ai faites au fils de madame. Or, ces mille écus , il faut les trouver, et voilà justement ce qui m'embarrasse.