‹ Théâtre de m. de FlorianChapitre 54 sur 104 · SCENE IV. io · texte numérisé non relu

SCENE IV. io

MARCELLE

Je suis bien fâchée de ne pouvoir pas vous les offrir.

Oh ! ce n'est pas pour cela que je TOUS en parle ; mais vous sentez que, dans . une pareille circonstance , on ramasse tout son petit avoir ; et en cherchant dans de vieux papiers que je n'avois pas encore eu le temps d examiner depuis trois mois que mou père est mort, j'ai trouvé un petit billet de feu monsieur votre mari , dont il est nécessaire que vous ayez connoissance.

MARCELLE

Un billet de mon mari, monsieur Giraut?Mon dieu I vous me faites trembler !

G I R A TJ T.

Rassurez-vous ; ce n'est pas. une si grande affaire. Je crois l'avoir sur mol , ce billet ; oui , le voici , tenez ;

io6 LE B ON FILS.

ee n'est pas grand' chose , il ne s'agit ^ue de mille écus.

MARCELLE

Ail ! mon dieu ! monsieur Giraut, mille écus !

Oui; c'est venu fort à propos. Car vous voyez que c'est tout juste le pot de vin qu'il faut payer à ce frippon de M. Finaut.

MARCELLE,?» part.

Je n'ai pas une goutte de sang danâ les veines, (haut.) Le billet est bien de mon mari ; voilàbien son écriture:

mais , monsieur Giraut , ce billet est bien ancien , il a trente ans ; et vous n'ignorez, pas...

GIRAUT

Non , non ; le billet n'a pas trente ans : diable ! ne badinons pas. S'il los avoit, il ne vaudroit rien , il y auroiE prescription. Mais, à la vérité, il aura trente ans demain. Voilà pourquoi ,

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