‹ Théâtre de m. de FlorianChapitre 55 sur 104 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

madame Marcelle , il est indispensable que vous le payiez aujourd liiii.

MARCELLE

Nous ?ous le renouvellerons, mon fils et moi ; nous engagerons notre maison , notre jardin , tout ce que nous possédons : mais , de grâce , monsieur Giraiit , accordez-nous ua peu de temps, ^ous sentez bien...

G I R A tJ T.

OL ! de tout mon cœur; je voua donnerai tout le temps que 1 on me donne à moi-même. Ce n'est que ce soir que l'on signe les baux ; ainsi , pourvu que vous me remettiez ce »oir mes mille écus , je suis content.

MARCELLE

Hélas! j'ai bonne envie de vous payer , bien bonne envie , je vous assure, et je cours de ce pas chez notre bailli qui m'a toujours fait amitié. Il a reçu un remboursement ces jour* pasiés ; je rais faire tout au monde

îo8 LE BON FILS.

pour l'engager à me prêter ces niill*

écus.

Allez, je vous attends ici.

MARCELLE

Ici?

Oui; cela vous gêne-t-il?

MARCELLE

Non ; mais c'est que mon fils va

revenir sûrement, et je crains Je

vous demande en grâce , monsieur Giraut, ne lui parlez de rien : il est si sensible, ce jeune homme! vous le connoissez... Et si M. le bailli me prête, je veux lui épargner l'inquiétude; s'il ne me prête pas, jo lui aurai toujours sauvé un petit moment de chagrin.

GIRAUT

Allez , allez , songez à votre affaire, et apportez-moi les mille écus.

(Marcelle sort.)

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