‹ Théâtre de m. de FlorianChapitre 59 sur 104 · MARCELLE, F I R M I N · texte numérisé non relu

MARCELLE, F I R M I N

MARCELLE

JVLoNsiEURGiraut m'avoit promis de te cacher notre malheur , il ne m'a pas tenu parole.

Je lui en sais gré, ma mère. S'il vous arrivoit quelque chose d'heureux , je serois lâché de ne pas l'apprendre ; mais je le serois bien davantage d'ignorer un de vos chagrins.

MARCELLE

Tu ne l'aurois su que trop tôt : il falloit bien finir par te le dire , puisque personne ne peut venir à notr« «ecours.

Vousn'avezdoncplus d'espérance?

MARCELLE

Aucune , mon cher arai ; tu viens d'entendre toi-même ce que m'ont répondu le père Thomas et la veuve Mathurine. Auparavant, j'avois été chez le bailli , il a prêté son argent- Deux autres de mes anciens amis, à qui même j'ai rendu service autrefois, m'ont reçue à merveille, m'ont fait les ofires les plus obligeantes , m'ont embrassée plusieurs fois; mais quand j'ai parlé des mille écus , leur visage s'est alongé , ils ont cessé de m'embrasser , et , en me conduisant doucement vers la porte, ils m'ont donné mille raisons pour aller m'adressera leur voisin. Enfin, mon cher enfant, je n'ai plus de ressource , et )e n'espère rien que de la pitié de M. Giraut.

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