SCENE IL
F I Tx M I N , seul.
JuNFiN je respire , et Giraut peut venir, nous serons seuls. Voilà déjà l'effet du malheur : j'ai desir^é de voir sortir ma mère ; je lui ai menti pour l'éloigner de moi. Ah ! que ces deux efforts-là m'ont été nouveaux et pénibles î II va donc venir : et que lui dirai-je? Agathe , ma chère Agathe , non , je ne puis vous abandonner ; je ne puis consentir à vous livrer à un homme "indigne de vous posséder.
Car, du moins si vous deviez être lieureuse , si j'étois sûr, en renonçant à vous , de demeurer le seul à plaindre , ce seroit un motif de consolation ; mais Giraut n'a rien de ce <ju'il faut à Agathe ; Giraut n'est pas assez sensible pour devenir un bon mari; et en lui cédant ma maîtresse,
ACT. II, SCEX. U. 127
je rends ina maîtresse malheureuse à jamais. Cette idée est horrible, et lait évauouir tout mon courage. Mais ma mère... J'entends quelqu'un , c est Giraut sans doute... Non , c'est M.
Thibaut, le père de ma chère Agathe.