ACT. II, SCEN. V
Ifatlîe ensuite m'aime ou me haï?sc »
me fasse enrager, ou tout ce qui lui plaira , c'est mon affaire , euiendezrous? la vôtre, c'est de vous décider.
Mais, monsieur Giraut, vous aimez l'argent , n'est-il pas vrai ?
GIRAUT
L'argentl L'argent a son mérite.
Après ?
Agathe n'a rien ; et pour épouser une fille qui n'a rien , vous perdez encore mille écus. Au lieu de cela, écoutez es que je vous j^ropose ; laissez-moi Agatlie , laissez- moi ma mère ; et je m'engage à vous ser% ir toute ma vie , je serai votre domestique , le dernierde vos valets. Je labourerai V03 champs ; j aurai soin de vos attelages ; je ferai l'ouvragede deux : vous ne me paierez pas. Je suis fort et robuste , j«
travaille bien. Achetez -moi , je me vends à vous.
Pardi î je le crois bien :1e marché ne seroit pas mauvais. Vous vous estimez donc mille écus ?
Hélas! je ne m'estime rien; et j'estime tout ma mère et Agathe. Laissez-les moi toutes deux, et employez ma vie entière à tout ce que vous voudrez,
Ah ç;\ ! finissons tous ces conleslà. Je n'ai pas besoin d'un valet, etj'ai besoin d'une femme. D'abord , Agathe n'est pas si pauvre que vous le dites : je le sais de bonjie part. Agathe me convient de toutes façons ; et sans vous , M. Thibaut ne feroit pas difficulté de me la donner. L'amour , l'intérêt , le bon sens , m'engagent à employer tous les moyens possibles pouc