SCENE IL
<jues jours je lui en aidécouvert beaucoup.
MATHURINE
Dis-les moi donc, je t'en prie.
II a le cœur excellent , c'est vrai , c'est le plus honnête garçon du monde, c'est encore vrai; il aime sa mère de toute son ame , il vous aime de même ; il se jetteroit au feu pour moi: je conviens de tout cela, parceque je »uis juste, moi. Mais
MATHURINE
Eh bien? ses défauts
L U c E T T E , embarrassée.
Ses défauts... c'est que... je crois que je ne l'aime plus.
MATHURINE
Celui-là est le pire ; mais tu fais bien de m'en avertir, parcequ'à nous deux nous verrons bien mieux le parti «ju'il faudra prendre , s'il nous est impossible de corriger Arlequin de C8 d^laut-lii.
Que VOUS êtes bonne, ma mère!
j'avois peur que cela ne vous fâchât.
MATHURINE
Ta me connois bien mal, Lucette !
rien ne peut me fâcher, quand c'est ma fille qui me le dit; comme rien ne peut me plaire, quand c'est un autre.
LUCETTE, l'embrassant.
Ah ' vous savez que je ne vous cache rien.
MATHURINE
Revenons à ton amour : tu n'eu as donc plus pour Arlequin?
LUCETTE
Je ne vous assurerai pas la chose; mais voici tout bonnement ce qui m'arrive. M. Duval est un très joli garçon , qui a beaucouj) d'esprit, qui a vécu dans le beau monde à Paris, oîi il m'a dit que toutes les dames de ia cour <^toicnt folles de lui. Ce M.
Durai est amoureux de moi; toutes les aUes du village en crèvent de dépit , cela me fait plaisir ; Arlequin en a du chagrin , cela me fait peine : je ne sais comment arrans;er tout cela.
Je voudrois bien aimer toujours Arlequin, mais je voudrois aussi être toujours aimée de M. Duval.
MATHURINE
C'est difficile , mon enfant. Mais en supposant que cela pût s'arranger, ton cœur ne te feroit-il pas quelque petit reproche ?
Non, ma mère ; parceque je vous le dirois , et dès-lors il n'y auroit plu» de mal.
MATHURINE
Il est certain que je le préviendrois , en te faisant voir combien tu serois injuste; carchacunde tes deux amants te donneroit son cœur tout «ntier, et toi, tu ne pourrois donner
àch.acun d'eux que la moitié du tien:
ce marché seioit-il égal?
Non, assurément* je tricîieroîs , et cela n'est pas honnête. Il faut donc que je me décide entre Arlequin et M. Duval?
MATHURINE-
Je le crois : et je te conseille, quand tu te seras décidée, de ne plus clianger; car ce seroit encore une injustice.
Comment cela?
C'(!St Lien aisé à comjircndre.
Quand lescigneurdu village m'a don né sa ferme, il m'a dit : Madame MathuriiKî, je vous donne tant de journaux à faire \al()ir, et vous me rendrez tant d'écus par an. Si, au moment de la moisson , il venoit me dire , Je \ uus rends vos écus ei jç je-