‹ Théâtre de m. de FlorianChapitre 9 sur 104 · SCENE IL · texte numérisé non relu

SCENE IL

prends mes journaux , n'est-il pas vrai qu'il agiroit en mal-honnète homme , puisque c'est la moisson qui doit me payer , non seulement de naes écus , mais de mes peines et de mon travaU?

Sans doute.

MATH URINE

Eh bien ! quand tu auras choisi ton amoureux, et que tu lui auras dit , Je recois votre amitié et je vous donne la mienne ; si , au moment où il compte t'épouser, tu vas lui dire, Je vous rends votre amitié , et je veux reprendre la mienne ; tu fais le même trait que le seigneur, c'est-à-dire, une très grande injustice.

\ous avez raison , ma mère. AIi !

mon dieu 1 comme il est dilfîcile d'ctre juste 1

MATHURINE

Pas tant que tu le crois, r u c E T T E.

Mais , ma mère , vous me faites penser à une chose: j avois déjà donné mon amitié à Arlequin.

M A T H U Pl I N E.

Je le sais bien : apparemment que tu as de bonnes raisons pour la reprendre.

Non , je n'en ai point de raisons, «t voilà ce qui me iàche.

MATHURINE

Consulte bien ton cœur.

Mon cœur est pour Arlequin , ce n'est pas là l'embarras ; mais c'est que si je congédie M. Duval , il deviendra l'amoureux de quelque fille du villaf^e, qui croira me l'avoir enlevé, et à cause de cela être plus jolie que moi : cela n'est point agréable , ma.

mère.

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