‹ Théâtre de m. de FlorianChapitre 82 sur 104 · ACT. III, SCEN. VI · texte numérisé non relu

ACT. III, SCEN. VI

qu'il ne m'aimoit plus, je rae suis bien doutée que vous étiez pour quelque chose dans cet affreux mystère; et sans pouvoir le pénétrer, j'ai été me jetter aux pieds de madame la comtesse, mamarraine. Jesavoisque c'est aujourd'hui que devoitse faire l'adjudication de sa ferme ; jelalui«ai demandée pour moi-même, et je l'ai obtenue.

Comment?

AGATHE

Oui, monsieur Giraut, c'est moi qui suis fermière de madamela comtesse.

GIRAUT

Mais je ne pressois tant madame Marcelle pour les raille écus qu'elle me doit, qu'afin de les donnera 1 intendant de madame, j)Our qu il me fit continuer mon bail.

AGATHE

Eh bien , donnez-les moi, je vous cecle le mien. Madame Marcelle sera quitte avec vous, vous resterez fermier, j'épouserai Firmin, et tout le tnonde sera content.

THIBAUT

Non, tout le monde ne le seroi^ pas. Je vous écoute tous, et je vous admire: chacun de vous fait son devoir, heureusement je puis faire le mien aussi. Voici quatre mille francs que je t'avois destinés, ma fille, et qu'un malheur affreux arrivé h. ton frère me forçoitde lui porter aujourd'hui. Firmin étoit dans mon secret.

Comme j'allois k la ville, j'ai trouvé mon fds en chemin qui venoit m'instruire que son voleur étoit pris, et l'argent restitué: Je t'ai bien vite rapporté le tien. Voilà ta dot, ma fille , paie lui son billet, garde ta ferme, et qu'il demeure puni de i'iufàma

ACT. III, SCEN. VI. 191 marclié qu'il avoit fait avec Firmin.

AGATHE

Mon père, c'est à vous de régler tout cela , c'est à vous de le punir ; car pour moi , je ne puis en vouloir à ]M. Giraut , et je lui pardonne de tout mon cœur d'avoir rendu mon araanc le plus vertueux et le plus aimable de tous les hommes.

THIBAUT, à Giraut.

Tenez, monsieur, payez- vous.

GIRAUT, prenant l'argent.

Cela n'est pas si pre3sé;mai5 enfin...

je suis charmé que tout ceci ait tourné à la satisfaction de tout le monde.

S'il faut vous avouer la vérité... c'étoit une petite épreuve à laquelle j'ai voulu mettre la vertu de ces deux jeunes époux, qui sont tout à fait in» téressants (Il s'en va.)

THIBAUT

N'oubliez pas de me rapporter mon I reste; et vous, me» enfants, venez

tous, venez chez moi, où mon fil^ semble être arrivé exprès pour assister à vos noces.

Ah ! monsieur Thibaut , ma cbere Agathe , et vous, ma bonne mère, j'épi-ouveunejoie, un bonheur que tous mes chagrins n'ont pas trop payé.

Sois heureux , mon fils , sois lieurcux , tu le iTiérites si bien! Puissestu être récompensé Je ta vertu par lia (ils qui te ressemble!

MYRTIL ET CHLOE,

P A s T O II A L E.

JVloK MAÎTRE ET MOX AMI y

Je desiroîfl depuis long-temps de vous dédier un ouvrage. Pour être sur fjuil eût un mérite,j'en ai pris le sujet dans les vôtres:] 'ai fait un petit drame d'une de vos idylles. Je n'ai pu y mettre votre grâce ni votre douceur ; raaii

que m'importent des défauts que votre indulgence ne verra point? Le public , qui n'est pas bon comme vous , les verra : pour le dédommager, je lui fais relire votre idylle , en la plaçant à la tête de mon petit drame. Elle y gagnera; tant mieux. N'ai-je pas assez gagné, moi, en vous donnant un témoignage de mon respect, eu osant vous a[)peller mon ami? D'ailleurs, puis-je égaler mon maîtie?

Je suis, avec un attachement égal à mon admiration,

votre très humble et très

obéissant serviteur,

MYHTILET CHLOE,

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