‹ Théâtre de m. de FlorianChapitre 81 sur 104 · ACT. III, SCEN. VI · texte numérisé non relu

ACT. III, SCEN. VI

ait forcé à ce mensonge; il faut que, par une cause inconnue nue je ne puis pénétrer, Firmin, le fidèle Firmin, qui m'a toujours aimée et qui m'adore plus que jamais, se soit vu obligé de dire qu'il renonçoit à son Agathe. Ce qui me le prouveroit, quand mon cœur ne me le diroit pas^ c'est que coiinoissant mon mépris pour l'amour de M. Giraut, il m'a conseillé de l'épouser.

MARCELLE, vivement.

Giraut vous aime , et mon fds vous conseille de l'épouser î Ah, ma fille!

ce seul mot m'éclaire , et je vais t'expliquer tout ceci. Je dois mille écus à M. Giraut : il falloit les payer aujourd'hui, ou être arrêtée. Mon fils ji sacrifié sa maîtresse à sa mère; je fiuis sîire que, pour me sauver, pour obtenir la quittance des mille écus, mon fils a cédé ton cœur; j'en suis certaine, le rai?n me le dit. Viens,

i88 LE BON FILS.

mon enfant, mon cher enfant, vieni te jetter dans mes bras. Eh! croistu que j'accepte tes dons? Mon fils, mon cher fils, depuis quand penses-tu que tu ne m'es pas plus cher que moimême? Monsieur Giraut, voilà votre quittance , faites tout ce que vous voudrez.

AGATHE, prenant le papier.

Que je suis heureuse ! et que je lui sais gré de tout ce qu'il m'a fait souffrir! Firmin , dès ce moment , je vous aime cent fois plus que je ne vous aimois ; et recevez ici le serment que je vous fais, devant M. Giraut, de vous adorer j usqu'à mon dernier soupir.

GIRAUT

Tout cela est cliarmant. Mais il me faut mon billet ou mon argent.

AGATHE

J'espère que je vais tout arranger.

Lorsque Firmin m'a dit en pleurant

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