SCENE V
levaient leurs mains au ciel , et pleuroient. Je cours, je m'élance au milieu d'eux , je me jette au cou de mon père.... Ce bon père ! il s'est ranimé, il a rappelle ses forces ppur me serrer contre son cœur: Tu me manquois , m'a-t-il dit en s'efforçant de sourire; j'étois fàclié de mourir sans l'avoir dit mon dernier adieu. Je n'ai pu lui répondre, je n'ai pu que le presser en sanglottant. Mais tout-àcoup un dieu sans doute m'a inspiré, je me suis souvenu de vous avoir entendu dire qu'au sommet de la grande montagne habitoit un vieux berger nommé Lamon , qui passe pour avoir appris d'Apollon même l'art de guérir tous les maux.
Je ne sais s'il vit encore.
Je me suis arracbé des bras de mon père , j'ai pris ma course ; et, sans
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m arrêter, j'ai monté la grande montagne. J'ai cherché, j'ai appel-lé Lanion , j'ai parcouru clans un instant tous les lieux où je pouvois le rencontrer. Je l'ai vu enfin, je l'ai vu assis au pied d'un chêne , occupé d'examiner les simples qu'il avoit cueillis. Je me suis précipité à ses pieds : Sauve mon père , lui ai-je dit; mon père va mourir, viens le rendre à la vie. Je te donnerai tout ce que j'aurai jamais. A présent je ne possède rien, mais je serai riche un jour, et tout mon bien t'appartiendra. En parlant ainsi, j'avois saisi sa main , et je Ffrutraînois vers notre cliaumiere. Mon enfant, m'a-t-il répondu en marchant le plus vite qu'il pouvoit , je n'ai pas besoin d'acquérir du bien , et mon cœur a besoin d'en Ikire. J'essaierai de guérir ton père ; et si mon maître Apollon m'accoixle encore ce succès , je neveux recevoir