‹ Théâtre de m. de FlorianChapitre 99 sur 104 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

d'autre don de toi que celui de ta houlette; c'est la plus belle que j'aie vue : je l'appendrai , en action de grâces, à un vieux laurier que j'ai consacré à Apollon.

Lamon est toujours le même : sa piété envers les d^eux égale seule sa générosité. W

Hélas 1 en demandant ma houlette, il m'a demandé mon plus cher trésor. C'étoit un don de ma bergère :

j'avois juré de mourir, plutôt que de m'en séparer. Mais mon serment , et ma houlette, et ma bergère elle-même, ne me «ont pas si cliers que mon père. J'ai dévoré mes larmes, j'ai affecté de sourire; et quoiqu'il m'eût été jilus doux de donner à Lamon dix ans de ma vie , j'ai remis ma hou* lette dans ses mains

226 MYRTIL ET CHLOE.

Eh bien, Lamon guérira-t-ii Mélialque?

MYRTIL

Il l'a vu , il Ta interrogé , l'a examiné long-temps, et a gardé un profond silence. Mes frères et moi nous avions les yeux fjxés sur Lamon :

notre salut ou notrokperte dépendoit du mot qu'il alloit prononcer. Enfin il nous a dit : Espérez , je crois pouvoir guérir votre père. A cette parole, nous sommes tous tombes à ses genoux, et nous l'avons adoré comme un dieu. Lamon pleuroit ; il nous a relevés , nous a fait sortir de la cabane, où il est seul avec mon père.

J'ai profité de ce moment, Lisis , pour venir vous annoncer notre bonheur, pour venir vous demander d'intéresser les dieux au succès.

LISIS

Oui , je cours les implorer, je vais

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