‹ Théâtre de M. J. Chénier (volume 2)Chapitre 120 sur 258 · ACTE I, SCÈNE I. ai · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE I. ai

Où périt mon époux au sein de la victoire.

Les camps , le peuple ectier, tout déplora sa mort; Le roi même donn» des larmes à son sort; .

Et , soit pour consoler une épouse , une mère , Soit , quelque temps ému d'un repentir sincère , Dans sa cour, i l'aspect des guerriers attendris , n maudit sa frayeur et parla de non fils.

Harpage osa tout dire : il s'égara peut-être , Et la frayeur rentra dans le coeur de sou maitre. Harpage, cependant, nécessaire à l'état, Unissait tes vertus d'un chef et d'un soldat ; Désigné par Cambyse et par la renommée , Sur les bords de l'Araxe il rallia l'armée :

Mais le roi fît chercher Mitradate et Cyrus ; Des champs qu'ils habitaient ils étaient disparus.

MEimOB.

Et sur eux maintenant il n'est aucnn indice?

C'est peu^4t^e un hasard, peut-être uu artifice:

A la fois répandus mille bruits incertains ,

Depuis plus de trois ans , ont voilé leurs destins.

On a cru voir, dit-on, Cyrua et Mitradate

Auprès de Babylone , aox rives de l'Euphrate;

Là, parmi les tribus des enfans d'Israël,

Ici dans les forêts de l'antiqne Ismaël, •

Tantôt sur les hauteurs des inonts de l'Arménie,

Tantôt non loin des mers qui bordent l'Hircanie,

Même aux lieux où le Scythe , an fond de ses déserta.

Brave un ciel inflexible et d'étera^ hivers.

hyGoogIc

ai4 CTRUS.

Triste sort d'un héros ! cherchant d'humbles aâles , AssaUlî de dangers à l'empire inutiles, H^asI dès le berceau, faible enfant délaissé, Qu'un regard maternel n'a jamais caressé, Celui qui doit un jour ceindre vingt diadèmes, Cet envoyé des dieux annoncé par eux-mêmes, Caché de bords en bords, fugitif, inconnu...

UEMKON.

Cynis n'est point caché, puisque les dieux l'ont tu. Quel climat, quel désert, quel antre le recèle. Où ne pénètre point la hunière étemelle ?

L'astre dont la puissance étincelle à nos yeux Sur les jours de Cyrus veillait du haut des cieux : Sans dissiper la nuit qui voile sa naissance, n éclairait sa course ,. échauffait sa vaillance, Jetait l'aveu^ement sur ses persécuteurs.

Et répandait sur lui ses rayons protecteurs.

MAKDAKE.

Je me livre avec joie k ces douces pensées.

UEKnON.

Bientôt , quand du soleil les fêtes commencées Hassembleront le peuple et les grands et le roi , Courbés devant l'antel avec un saint eSJroi, ' Selon l'u^ge admis dans le jour séculaire , Je dois à tous les yeux ouvrir le sanctuaire ^ Interroger le ciel en ces Uvrea sacrés , Au divin Zoroaste autrefois inspirés :

Là de votre Cyrus vous verres Texistence ,

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