‹ Théâtre de M. J. Chénier (volume 2)Chapitre 119 sur 258 · ACTE I, SCÈNE î. s · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE î. s

Que jadis le prophète et le pontJfe roi , Zoroastre , apportait aux peuples d'Assyrie , Du sommet enflamma des monts de la Bactrie ; Mandane tous implore après les immortels ; lot^ressez pour moi le pouvoir des autels j Si ma douleur stérile importune Astyage , Faites tonner ces dieux qti'il craint et qu'il outrage; Sauvez mon fils des mains prêtes à l'immoler, Et tarissez les pleurs qne vous voyez couler.

MEUnON.

Qne n'aî-Je pmnt tenté ? Souvent à voti-e père J'ai du ciel équitable annoncé la colère; Envain j'ai combattu des rêves imposteurs ; Asiyage peut tout; il lui faut des flatteurs. Un songe, quel motif pour ordonner le crime I Jadis en votre sein lui marquait sa victime ; Votre malheureux fils , même avant d'être né , Était par son aJieul à périr condamné.

Tigoore avec quel art rhumanité d'Harpage Du soupçonneux monarque a pu tromper la rage ; Mais Cynis fiu prédit à nos premiers aïeux ; Il vit; il doit régner; il est chéri des dieux.

Quel aflirenx souvenir en mon coeur se réveille ? Hélas ! pourquoi fant>il offrir à votre oreille » Du pouvoir absolu les décrets insensés , Et les malheurs d'un fils avant lui commencés? Qui causa ces malheurs ? De frivoles mensonges. Le roi, vous le savez, menacé par des songes j

hyGoo^le

Prétendit vainement lutter contre le sort ; De Cyros qui naissait il ordonn» la mort :

On remit cet enfant , né pour le raog suprême , Entre les mains d'Harpage, allié du roi même. Un trône fut promis à sa fidélité ; Il aima mieux l'honneur qu'un t/ône ensanglanté. En feignant d'obéir, il saura la victime :

Ainsi le vrai courage est toujours magnanime. Mitradate, un pasteur, fut l'instrument heureux Qui fit seul réussir ce complot généreux.

Son fils mort en naissant colora l'imposture : Au milieu des forêts laissé sans sépulture Des langes de Cyrus il fut enveloppé, Porté par Mitradate au monarque trompé , Et déposé bientftt dans ces monumens sombres^ Où des aïeux du prince on révère les ombres.

Mais le fils d'un héros , le petit-fils d'un roi , Xoin de son oppresseur, hélas ! et loin de moi , Trop heureux cependant d'ignorer sa naissance , A vu sous la chaumière élever son enfance , N'ayant d'autre soutien conUv l'adversité , Que les regards des dieux et son obscurité.

HEMBOn.

O prodige où du ciel éclate la puissance !

Toutefois de Cyrus on apprit l'existence :

Le secret transpira ; mais qui l'a dévoilé ?

HAHDANE.

Harpage. Au roi lui-même 'il a tout révélé, itappelez-vous l'époque et de deuil et de glaire ,

hyGoogIc

Page 1