ACTE II, SCÈNE IV. s
ASTTICE.
Leur bODt^ ne va point jusqu'à souffiîr l'outrage ; L'autoriU des rois est aussi leur ouvrage ; Lorsqu'au nom de ces dieux on ose la braver.
Le devoir ^s sujets est de la conserver.
Cest le v6tFe, Ëlénor^ on maître vous Con6e Le soin de son empire et mèoie de sa vie.
Chez les Scythes caché, Cyrus est leur soutien; Vous fôtes leur vainqueur, soyez encor le sien; n est temps ; prévenez son dessein parricide ; Entre Élénor et lui que le glaive décide :
Allez, courez, servez im trop juste courroux.
ÉLfiROK.
Qui? moi! contre Cyrus! que me proposez-voo^ P
ÀSTYIGE.
De la gloire, on combat, tpielque danger peulpétre. L'honneur de garantir les jours' de votre maître. Écoutez. De ce tràne aiSènni ^r' vos mains, ' Cyrus, eu succombant, vous ouvre les chemins; Et , pour un ui service , une telle assurance Peut d'un 5oiia.t fidèle étonner l'espérance.
ÉLÉNO&.
Dans vos oflres, seigneur, rien ne peut m'étonner. Hormis llndigne emploi que vous m'osez donner, Un soldat, votre aïeul, régénéra l'empire.
Si ce n'est pas un trAne où ma valeur aspire, Pose au lioins me flatter de l'espoir glorieux . . i Qu'un jour mes descendans ncfameront leurs aï^ux.
hyGoogIc
i3o . CYRUS.
Laissez-lenr, poisqu'enfin ma gloire est leur partage,
Becneillir tuut entier cet unique héritage.
Cyrufl V -us appartient, vous l'avez délassé : ,
Pt^rmettez-lui de vivre en un d&ert glacé.
Même hors des cnnâos de cet empire immense,
N'estai pas un asile où le pardnu commence?
Que dis-je? espérez-vous un plus grand héritier? .
Ahl mon devoir serait de me sacrifier,
De vous garder Cyrus en mourant sa victime.
Oiii, périsse Eléoor, mais non souillé d'un crime!
Mon QOm, par cent héros, quelquefois prononcé,
Serait chéri par eux et par eux surpassé :
Mais, jetés sur la terre à de longs intervalles, .
Oii sont^ls ces mortels dont les âmes royales
Aiment les sages lois, en respectent le fràn,
El se font pardonner le pouvoir souverain?
ÂSTTÂGE.
B doit être chén quand. il est lé^timç.
Et jamais excu^ s'il appartient au crime.
Mais, où peut parvenir, en respectani les lois, Ce roi , ce conquérant sans trône et sans exploits, Ou plutôt ce banni, .prjyé même d'an père.
Et qui n'a d'autre bien que les pleurs de sa mère?
ÉLËnOX.
Cyrus est agrandi par son adversité,
Et fût-^ orphelin,, les dieux l'ont adopté.
■ '.ASTYAOS.
Qui le sait ? qui dira si ie 'fils de Cambyse ' Est Cyrus'dont la gloirc'i l'Asie est promise?