‹ Théâtre de M. J. Chénier (volume 2)Chapitre 158 sur 258 · ACTE V, SCÈNE H. v.-]i · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE H. v.-]i

Cominen aux Itamortcls j'ai de grâces à rendre.

MtTVlDlTÈ.

Aux portes du palais, le peuple rassemblé De crainte et de douleur paraissait accablé ; Une cour fastueuse entourait votre père Qui levait avec p^ne un front mome et sévère ; ' Et, le glaive a la main, les gnerriers, l'oeil baissé, Gardaient , en fi'émissant , uu silence glacé. Tout se taisait. Bientôt le héros se présente ; Sa démarche modeste en est plus imposante :

Astyage l'accuse ; aussitôt par des cris , De lâches courtisans condamnaient votre fils i Mais Harpage accourait , et d'un regard tranquille , laterrc^eant la foule inquiète, iàimobile ;

« Cyms est menacé d'un arrêt odieux.

» Qui l'exécutera ? Qui bravera les dieux ?

» Qui .combattra ce roi que vingt peuples attendent ?

» Qui frappera ce front que cent lauriers défendent?

» Cjrus, persécuté, les a cueillis pour vous;

n n a vengé son père ; il vous a vengés tous ;

n n a vengé celui qui dicte la sentence.

» Le voilà le héros proscrit dès sa naissance '.

» Le roi voulait le perdre , et je l'ai conservé ;

» Au berceau , dans les camps , c'est moi qui l'iû sauvé ^

u Et voici le pasteur, qui d'asile en asilè,

H Traînait des nations l'espérance fragile.»

n dît : Dans l'assemblée un long frémissement

S'élève à ce discours et grossit lentement.

H éclate ; os s'émeut ; le roi pâlit : Harpage

Ole conduit vers Cjrus , m'appelle eu témoignage :

hyGoo^le

aja CÏRUS.

On s'attendrit : mes pleurs , mes récits , mes eermetu ,

Ces cheveux blancs, ce front, ces ùmples vétemens,

Ce maintien , cet accent que n'a pas l'imposture ,

Ce ton naïf qu'inspire et que sent la nature,

Les regards du héros , tant d'exploits , de succès ,

Cambjse respirant dans chacun de ses traits.

Tout parle mi sa faveur, tout, jusqu'à votre absence;

Et , pareil au tonnerre , un cri puiasaut s'élance :

A Vive , vive Mandane , et son généreux fils !

» Vive et règne Cyrus que les dieux ont promis ! »

La cour abandonnait le roi dans sa disgrâce;

Sa garde était fidèle et tentait la menace ;

Mais par un cri nouveau le peuple a répondu ; '

n annonçait le trouble , et du sang répandu ;

Ce jour allait finir sous un horrible auspice. -

Un seul , un seul guerrier nous l*a rendu propice.

Accourant près du roi , jeUnt de toutes parts

Ce coup d'oeil assuré qui commande aux hasards ;

Terrible , et balançant la foudroyante épée

Que du sang ennemi deux héros ont trempée ;

Respectez As^age ; immolez son appui ;

Dit-il , frappez Cyrus.

MAKOABE.

Qncn! c'était...

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