‹ Théâtre de M. J. Chénier (volume 2)Chapitre 169 sur 258 · ACTE I, SCÈKE II. *8-j · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈKE II. *8-j

Set cxploiu, ses travaux, et sorteut mes lùenfkits, Oa sait que votre voix ne peut m'£tre importune-, £t, comme on craint encor de braTer ma fortune, le ne m'ëtonne point que le Belge ait tenté Du cœur d'Elisabeth la facile bonté.

Le nom seul du malheur est puissant auprès d'elln. Songez pourtant, songez que ce vertuenz zèle Par d'injustes soupçons pourrait être noirci.

ÉLISàBETS.

Je n'en saurais douter, puisque d'Âtbe est ici; D'Albe, mmemi cruel, dont le froideur aUièr»

Bit des larmes du fiûbte, et punit la prière j D'Albe, odieux partout, mais si fort redouté, Qu'un sujet, qu'un bà^s, autrefois respeeté.

Qu'un de vos grands, lié par un devoir austère, Environne des pas des ombres du mystère , Et, d'un pen|4e outragé, venant plaider les droits. Pouf a{qiTocher de vous a besoin de ma voix.

Aux cris de l'oppresseur votre oreille attentive Est-elle inaccessible à la douleur plaintive p Et des rigueurs d'un trône esclave couronné.

Au tourment de punir êtes-vous condamné?

Ah! quand k vos desims je pio suis asservie, Quand la foi d'un traité vous a donné ma vie , Cette ^mpe qui siût l'époiuc d'un grand roi , Sans me causer d'orgueil, m'a fait sentir l'effroi. Parmi tant de splendeur si j'ai trouvé des charmes. C'est dans le droit sacré de sécher quelques larmes. D'accueillir le malheur, d'intercéder pour lai : ■ Et quelle autre en ces lieux lui serviniit d'appui ?

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s88 PHILIPPE II.

Qoftnd tout cède anx décrets d'un ministre homicide >

Permettez qudiqadois qu'une épouse timide

Des peuples opprimés entretienne un éponx,

Et que leur plainte au liunns puisse aller jusqu'à Toas>.

Pour des sujets zélés soyez juste vons-mème , Et soye^-le surtout pour un roi qui yous aime. Je ne souâHrai point que d'Egmont aujourd'hui Vainement de la reine ait obtenu l'appui.

n veut m'entretenir : je l'entendrai, madame; Qu'il vienne : ma réponse est au fond de mon ame. Je pourrais, sans rigueur, interdire à ses yeux Ma présence , la vôtre et l'aspect de ces lieux ; Je pourrais même, en lui, ne voyant qu'un rebdle... Mais je me souviendrai qu'il fiit long-temps fidèle. Comme un vru Castillan je veux le recevoir % Cest plus qu'à ses exploits je ne croyais devmr } Plus qu'il ne sied peut-être k l'orgueil de l'empire : Je cède à l'intérêt que d'Egmont vous insère. Sans crainte à mes regards il peut se présenter.

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