‹ Théâtre de M. J. Chénier (volume 2)Chapitre 170 sur 258 · ACTE I, SCÈNE III. ag · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE III. ag

A votre autorité si l'EspRgne est soumise , Philippe, elle a sur vous des droits à réclamer. Contre nous l'infidèle ose encore s'armer; Les drapeaux afiicains ont flotté sur nos villes. Vos soldats craignent peu ces phalanges servilesj Aisément ils vaincront si le ciel est pour eux : S'il est contre enx, jamais. Un devoir rigoureux M'ordonne d'affliger, mais d'iastniire Philippe : D est roi; qu'il prononce; et l'effroi se dissipe. Dieu ne protège point ceux qu'il n'eût point choisis : Rassurez vos sujets; rappelez votre fils.

Le prince !

Expliquez-vous.

ELISABETH

Quel étonnant langage!

SPinOLA.

Sire, pourquoi faut-il m'expliquer davantage?

L'infant vous est connu. Je veux bien supposer

Que de trahir l'Espagne on ne peut l'accuser,

Qu'il u'ahandonne point la foi de ses ancêtres ;

Mais , sans le mettre au rang des apostats , des traîtres , '

Sans croire à tant de hruits imprudemment semés,

Bruits que , par sa conduite , il a trop confirmés,

Sans vouloir découvrir dans les yeux d'un monarque

De ses chagrins cachés quelque infaiUible marque ,

L'inlànt d'un tribunal terrible et révéré

fj'est-il pas dès bng-temps l'eimemî déclaré?

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