‹ Théâtre de M. J. Chénier (volume 2)Chapitre 19 sur 258 · ACTE I, SCÈNE U · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE U

AMÉLIE, i part-

JBtlaSicureuse !

l'asbesse.

Pour vous quelle gloire s'apprête !

KentAt le voile auguste ornera voti« tête :

Dé)à l'époux sacré vous attend aux autels -, Fénélon recevra vos sennens immortels.

FénélonI par vos soins i'appris dès mon enfàno A chérir ses vertus et sa douce âoquence ; Zélé sans amertume, austère sans rigueur^ B ne sait point , cBt-on , tyranniser un cœur.

l'abbesse.

Le v6tre , mon enfant , se donnera sans peine : Élevée en ces lieux , vous aimez votre chaîne ; Et le ciel est content de ces vœux épurés , Saints comme le ciel même à qui vous les offreE. 11 est des nœuds moins doux , des sermens plus pénibles j Nous voyons trop souvent , dans ces cloîtres paisibles , Un cœur, qui dans le monde, épris de mille erreurs, Des folles passions a senti les fureurs , Recueillir ses débris dispersés par l'orage , Et chercher parmi nous un port en son naufrage. Vainement il aspire à la tranijuîllité ; Au pied du sanctuaire il se sent agité ; Dn Dieu qu'elle a cherché l'épouse criminelle , Étendant loin du cloître un regai-d infidèle , Vers les plaisirs du inonde a des retours secrets , Et tient long-temps à lui , du moins par les regrets.

hyGoo^le

54 FENELON.

Mais jusqu'ici votre ame , encor neuve et docile ,

A respiré Pair pur qui règne en cet aaile ;

Le souffle empoisonné d'un monde séducteur

Jamais de vos désirs n'altéra la candeur.

AMÉLIE

Ah ! qne votre bonté m'écoute , et me pardonne.

l'abbesse.

Qu'est-ce donc? qu'avei-voos ?

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