‹ Théâtre de M. J. Chénier (volume 2)Chapitre 197 sur 258 · ACTE m, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE m, SCÈNE V

Ce pouvoir, chaque jour, agrandi, cimenté, S'étend, partout vainqueur, et partout redouté, Du pied du Mont-Gibel et des bords de l'Afrique, Aux îles de l'Asie, aux mers de l'Amérique j Et le soleil, en vain désertant nos climats, riTéteint pas ses rayons sur mes nombreux états. Qui retient sous le joug ces peuples ^ ces contrées. Des moeurs, d'opinions, d'intérêis séparées?

Qui peut les réunir? Un lien solennel Dont le premier chaînon remonte à l'Éterne!, Sans lui l'autorité craintive ou menaçante, S'écroulerait bientôt sur sa base impuissante. Je vois autour de nous les esprits tourmentés Par l'amour inquiet des folles nouveautés ; Le nom de préjugés déjà se fait entendre; Â je ne sais quels droits le peuple ose prétendre. Puisque ceux de l'Eglise aujourd'hui sont jugés. Ceux du trône demain seront des préjugés.

Je n'imiterai point la France et l'Angleterre; Des peuples et des rois j'étouflërai la guerre ; Dans un sang criminel j'éteindrai ses flambeaux : L'Espagne éprouvera vos principes nouveaux , Lorsque, pour son malheur, vous dbposerez 4'elie. Jusque-là, pi-ince, aux miens aveuglement lidelle, J'ai su les maintenir, je saurai les venger, Si quelque audacieux pense à les outrager.

Page 1