‹ Théâtre de M. J. Chénier (volume 2)Chapitre 204 sur 258 · ACTE IV, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE III

'Spinola I

FHILIPFB.

Je connais la candeur de votre ame :

Votre parole est pure ; et je veux m'y livrer. N'avez- voua sur l'infant rien à me déclarer?

Rien contre votre fils , et toqt pour sa défense.

Ce que je vous demande est de quelqo'imptwtance. Expliquez-vous. D'Egmont vous a fait ses adieux ; Le prince était présent , près de tous , dans ces lieux-. J'ignore à quel espoir d'Egmont pouvait prétendre ^ Mais tout ce qu'ils ont dit , vous avez dû l'entendre.

J'ai vu partir d'Egmont aigri par vos refus ;

Ses discours le prouvaient : n'exigez rien de plus.

Au milieu du Brabant votre fils magnanime

Desirait d'exercer un pouvoir légitime ,

D'y faire aimer vos droits et de les luBiatenir:

De vos bontés sans doute il a dû l'obtenir.

Je l'ai dans cet espoir encouragé moi-mâme.

Cbcr au peuple , aux soldats , né pour un diadème ,

n pourrait...

Oui , madame , il pourrait me trahir ; Mais qui veut conimander doit savoir obéir.

Dans ma cour, à mes yeux, il ne peut se contraindre^

hyGoo^le

Vous-même, de l'infant, vous auriez à vous plaindre ; Et c'est vous , plus que moi , vous , qu'il ose ofiènser.

ELISABETH

Moi , sire !

Vous , madame. Auriez-vous pu penser .

Qu'à son roi , qu'à son père , à votre époux lui-même , L'inËmt ne craindrait pas d'avouer qu'il vous aime ? Qu'il vous aime !... En ce iour il me l'a déclaré ; Et ce départ si prompt , déjà tout préparé , Ce rêve d'un jeune homme enflé de sa victoire , Ce projet d'un héros, n'est, si je veux l'en croire. Que le reste d'un feu qn'il voudrait étouÛer, Et i'eâbrt d'un amant qui fuit pour triompher.

ELISABETH

Eh bien , s'il était vrai , se vaincre est-ïl un crime ?

Cet amour mal éteint fiit d'abord lé^time ;

Songez qu'en d'autres temps, par vous-même allumé...

Je me souviens du jour où mon coeur enûammé Vous a fait partager ma puissance et ma gloire ; Nous devions tous les trois en garder la mémoire. Philippe, déposant vingt sceptres à vos pieds , D'un mot d'Elisabeth les trouvait trop payés : Vous l'avez prononcé, vous n'êtes point parjure. J'ai cru que j'obtiendrais d'unq ame noble et pure , Si non l'amour, au moins quelques tendres égards ; Que vous pourriez sans peine attacher vos regards Sur un Iront dépouillé des fleurs de la jeunesse ,

hyGoogle

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