‹ Théâtre de M. J. Chénier (volume 2)Chapitre 205 sur 258 · ACTE IV, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE III

Blanchi par les travaux et non par la vieillesse : Serais-je à cet espoir contraint de reDoncer P

Et qui , dans votre cour, pourrait vous y fonder i* Moi ? que l'on vit toujours attentive à vous plaire !, Vn fils? ce nom doit seul calmer votre colère. Un fils ! ah ! qu'aisément vous le verriez soumis ! Mais nous avons tous trois les mêmes ennemis. Ne me défendez point d'éclaircir la nuit sombre Qui sur vos jours brillans appesantit son ombre. Voulez-vous dissiper ce pénible tourment ?

Sire , soyez ëpoux , soyez père un moment , Et ne repoussez plus le cri naïf et tendre Que la nature encor cherche à vous faire entendre : Plus que celui des rois son empire est sacré. Un monarque puissant , UB héros admiré , Qu'entourent les flatteurs , que séduit l'imposture , Jamais impunément n'échappe à la nature.

Dans sa grandeur farouche à tonte heure isolé, D gémit sur un trône , el n'est pas consolé.

Qui peut à vos accens demeurer instmsible î* Un je ne sab quel charme , un pouvoir invincible , Jusque dans le reproclie embellit vos discours. Ten éprouvai cent fois les bienfaisans secours : Loin de vous oppressé, pr^ de vous je respire 5 Vous savez mieux que moi jusqu'où va votre cpipire , Madame ; et ce n'est pas vainement qu'un époux Du soin de son bonheur s'est reposé sur vous.

hyGoo^le

Quant i ce fils ingrat dont vous parlez sans cesse f Oseriez-vous pour lui réclamer ma tendresse , S'il nourrissait dans l'ame un dessein criminel ? ^, coupable envers moi, coupable envers te ciel...

iLISAXETH.

Envers le ciel et vous ! c'est l'infant qu'on redoute !

On va plus loin.

ELISABETH

Qni ? d'Âlbe ? et Spinola sans doute ?

Spinola qui tantAt l'accusait k mes yeus?

Que je viens de revoir en entrant dans ces lieux i*

Il m'a souvent donné des conseils lé^times.

Vous atu^t-îl cncor désigné ses victimes ?

Voilà vos ennemis , ces conseillers flatteurs , Ministres et bourreaux , tyrans et délateurs : Â leur unMtion inquiète et jalouse Immolant vos sujets, votre fils, votre épouse } A vos yeux prévenus cachant la vérité; Vous parlant de vengeance et de sévérité, Du soin de garantir votre pouvoir immense, Ils ne vous ont jamais parlé de la clémence.

Sous ce manteau royal qu'ils ont ensanglanté. Us bravent sans péril tout un peuple irrité.

Séparez4es de vous ; laissez-leur en partage Des larmes pour trésors , du saug pour héritage.

hyGoo^le

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