‹ Théâtre de M. J. Chénier (volume 2)Chapitre 21 sur 258 · ACTE I,. SCÈNE IL · texte numérisé non relu

ACTE I,. SCÈNE IL

Oui , je TOUS en supplie.

l'ib«es£e. Puis-je à celte tîéâeur recoiuudtre Amélie?

Quelles réflexions ou quels éTéneraeDs Ont aioei tout A coup cltangé vos sratàmens P Les jours étùent trop lents «u grë de votre attente ; Chaque ineUnt ^tiguak votre ame impatiente ; Ce zèle ardent «t pur s'est biemdt «illenti ; Après tant de semtens ce oœur s'est démenù.

AMÉLIE

HéUs!

l'abbesse.

Vous repoussez une chi^e étem^e !

AMÉLIE

Eh bien ! s'il était vrai , serais-je crinunelle ?

l'asbessï.

Vous l'avouez!

AlCÉLIB.

3e ptâs l'avouer sans rougir.

J'ai changé malgré moi ; devez-vous m'en punir ? J'ai vu se dissiper l'erreur enchanteresse :

An lieu de ce bonheur qu'on me peignait sans cesse ^ Mes yeux n'ont aperçu qa'un immense avenir, Sans espérance , hélas ! comme anis souvenir. Voilà donc mon destin ! la paix de cet asile Éternise le lemps qui s'écoule immobile.

Eu prononçant mes vœux, plus de voeux à fermer ^

hyGoô^le

56 PÉNÉLON.

Point de père qui m'aime , et que je puisse aimer ;

Plus rieu autour de moi ; rien que la solitude !

Mon cœur de vos liens craignant la servitude ,

A par des nœuds plus doux besoin de s'attacher :

J'ignore mes parens ; je voudrais les diercher.

Si le sort à jamais me dérobe leur trace ,

Eb bien ! Dieu me créa ; Dieu verra ma di^ace.

Besterai-je orpheline ^ en regardant les cieuz P

Ah ! je le Uens de vous ; rien n'échappe à ses yeux ;

Tout éprouve ici bas ses bontés paternelles ;

Dès que le faible oiseau peut essayer ses ailes ,

Loin du sein de sa mère il vole sans appui ;

Il est seul dans lef monde ; et Dieu prend soin de lui.

l'ibbesse.

Je vous laisse à penser si je pouvais attendre Cet aveu qu'un peu tord vous m'osez faire entendre , Et ce trouble inoui de vos sens agités ; Vous voulez m'attendrir, et vous me révoltez. Quand déjà l'on prépare un sacrifice austère , Vous prétendez quitter ce cloilre solitaire, Pour chercher vos parens qui vous sont inconnus ! Vos parens !... pour jamais vous les. avez perdus. Des mortels méprisés vous ont donné la vie Au sein de l'infortune et de l'ignomime ; Voua expiriez sans moi ; mes bienfaisans secours Dans ce pieux asile ont conservé vos jours :

Et de l'abandonner vous formez l'espérance !

De tous mes soins pour vous telle est la récompense ! Mais ne présumez pas que ce vain changement 3u9pea<le' mes desseins, et m'arrête un moment :

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