‹ Théâtre de M. J. Chénier (volume 2)Chapitre 225 sur 258 · ACTE V, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE IV

J'ai vouln, maïs en vaÏB, vous épar^er un crime.

PHILIPPB, reculant i l'aspect de ChtIos.

Mon fils!

ClBLOB.

De votre cœm- ce nom s'est élancé :

Cest bien tard ; mais enfin tous l'avez prononcé. Ce fils... qui fut le vôire... et qui veut l'être encore..; Four d'E^mont , pour le Belge , en monrant tous implore. Pardonnons... O mon père..., au nom de mes malheurs, Rendez la reine... heureuse , et tas sujets... Je meurs.

ELISABETH, égiiie.

Carlos! mon cher Carlos!

PBILIPPB, irait.

O remords!

ELISABETH

U expire.

Arrête : ah! que la mort suspende son empire. Quoi! si près! et sî loin! à loin dans le trépas! Approchez; point de bruit; marchons, parlons font bai.' Philippe est retiré; la nuit est favorable.

Sur le trône d'Espagne il siège un grand coupable : Castillaus , tous avez un assassin pour roi.

Mais vous baissez les yeux ; d'où vient ce morne ei&oî?

d'albe. /

Reine, épouse... /

• £li8Abeth. ,

Afoî, reine! O rang! titre funestçî TOME u. 24

Ne prononces jamais ce noni'qiie je déteste.

Épouse! il m'en souvient... ; ce souvenir m'est donx : Jeune, je vins m'unir au sort d'un jeune époux. Oh! combien ses vertus mériuieiit ma tendresse! Comme son cueur brûlant m'aimait avec ivresse! Eb bien ! dans le cercueil je veus l'accompagner.

Vous , ô ciel '.

ÉLISAIETB.

De quel droit prétends-tu m'ëpargnerP Si je vivais encor, je serais ta complice.

Tu m'aimes : que l'amour soit ton premier supplice. Pour souÉfrir une peine égale à tes forfaits , Puisses-tu m' adorer autant que je te hais !

Plus de nœuds , plus d'hymen ; tout l'enfer nons sépare : Tu ne sais qu'être roi; tu régneras, barbare ; Mais seul, mais assiégé sur un trône sanglant, Par l'ombre de ton père et l'ombre de l'in&nt.

Fuyons.

ELISABETH

Dans ton empire est-il un sûr asile?

En Espagne, au Mexique , au Brabant, en Sicile, Tes crimes te suivront; tu verras des bourreaux, Des bûchers allumés, du sang, des échafauds.

Les cavernes n'ont point d*as3eE sombres repaires ; Tu trouveras partout des enfans et des pères; Et , partout soulevés , les peuples à grands cris Diront ■; Voilà le roi qui fil mourir son fils !

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