SCÈNE IV
Et tel est cepeudaot De nos divisions l'exécrable ascendant!
Au sein des dignités la vile insouciance Des Romains opprimés est la seule science.
Le crime est éveillé , le courage endormi , Et les plus vertueux ne le sont qu'à demi.
De mes yeux , Cassius , ta vois couler des larmes. Ali! je' te puis au moins confier mes alarmes. Rome a besoin de nous, et n'a plus aujourd'hui, Malgré tant de guerriers , que nous deux pour appui. Notre défaite ', ami , lui serait bien funeste : Si d'un sang libre et pur quelque goutte lui reste, Il faut un chef prudent pour l'oser secourir, Et le fils de Catou ne saura que mourir.
Messala plus habile a moins de confiance ; n accuse en secret nos projets d'imprudence.
Tout prêt k se soumettre à la nécessité , Mais jusqu'au dernier jour servant la liberté. Crois-moi , n'espérons rien de ces vertus tranquilles , TOME n. 27
hyGoo^le
4i6 BRUTUS ET CASSIUS.
Trop faibles pour bnller en des temps difficiles. Tout fléchira bientôt soiu le joug de la pais. Ancnn du bien public ne veut porter le fàiz *■ O maîtresse du monde ! 6 ma chère pauiel-
Mes yenx ne veiront point cet avenir impie.
Et tantôt, cher Bmtns, si je t'ai bien compris, Le projet qui m'inspire occupait tes esprits.
BKUTUS.
Comment!
CASSIUS
Dût à jamais la liberté s'éteindre, Nous sommes tous Romains , sons n'avons rien à craindre , Disais-tu.
-'BKrTDS. .
Si Calon nous fraya les chemins , Apprenons k mourir dn plus grand des humains. Jeune encor, en des jours d'audace et d'espérance, Des Romains subjugués j'emhrassai la vengeance j Et de mon grand dessein tout entier occupé , J'osai Uàmer Caton : le temps m'a détrompé.
Lorsqu'il attend des cieux une étemeDe haine , L'homme n'est point coi^ahle en secouant sa chaîne. Un mortel vertueux , opprimé 'par le sort , Peut chercher du repos dans le sein de la mort. Aux dieux auteurs de lame il ne fait point outi-age, Puisqu'il ne détnût point leur immortel ouvrage.
c&sains.
On vient.
hyGoogIc