‹ Théâtre de M. J. Chénier (volume 2)Chapitre 244 sur 258 · ACTE II, SCÈNE III. 4i · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE III. 4i

^os ;euz, loujonra £rappëa d'îai^Us Ulostres, Ont vu SjUa, Carbon, Marius et Ciona, L'insolent Cëth^ns , l'ardent Catilina ; Ils ont tous aflecté l'autorité suprême.

Et Crassos et Pompée y prétendaient eux-méme. Vous avez ^rgé le seul qui pût r^ner } La blessure de Rome est encore à saigner \ Jtome TOUS blâme, et croit d'une si belle vie Avoir trop acheté sa liberté ravie.

Insensés ! l'édifice asùégé par le temps Veut un appui solide & ses vieux fondemens ; Et le vaisseau pressé des vents et de l'orage , Sans un pilote habile est certain du naufrage. Pensez-y toutefois. Sa César a vécu, Vous n'avez pas dompté sou génie invaincu ; Aux revers de Caton , dévoués par vous-même , Peut-être que ce jour est votre jour suprême. Nous vous désavouons, toi surtout, toi, Srutus, Toi qui du grand César connaissais les vertus, Toi que César aimait d'une amitié si tendre, Nous pl^gnons les fureurs et ton aveuglement ; Ta généreuse main nous vengea lâchement. Mais crains...

SKUTUS.

Je suis Brutus. f

cABsiirs.

Que parles-tu dé craindre?

BRnTOS.

Quoi! vous portez des fers et vous osez me plaindre!

hyGoo^le

4i6 BRUTUS ET CASSIUS.

Plaignez Rome , pleurez sur ses coupables fils Qui , sous on jong doré motlemeut asservis , Ont du nom dea Romains vendu le privilège , Et goûtent dans l'opprobre un bonheur sacrilège. Qu'ils reçoivent le prix qu'ils ont bien acheté; Que d'indignes trésors comble leur lâcheté , Bu sein de leurs honneurs on de leur infamie Qu'ils osent élever une voix ennemie*, Et , puisque nous avons servi Rome et les dîetiï , Qu'ils accusent nos mains d'un forfait odieux. Si j'en croîs leurs discours Rome nous désavoue. Â ton sort,- b Caton, leur haine nous dévoue; El moi je les dévoue à leur vile grandeur, .. Moi qui n'ai point terni ma première splendeur. J'ai vu la république aux factions livrée , Par ses propres enfans saus cesse déchirée, Kos droits anéantis, l'état prêt k périr.

Témoin de tous ces maux, j'ai voulu les guérir : J'ai cm (jusqu'à ce jour espérance trop vaine!) Relever les débris de la grandeur romaine.

Le sort va décider. Je puis mourir vaincu :

Du moins je mourrai libre ainsi que j'ai vécu^ Si je touche en eflet au bout de ma carnère , Une austère vertu la marqua tout entière.

Descendant du héros qui chassa les Tarquins, Je TOUS aurais rendu vos antiques destins, Si TOUS les méritiez, â le peuple du Tibre Était Romain encore et savait être libre.

' Agrippa , c'est assez ; rompons ces entretiens : Nos maîtres sont les lois: retourne vers les tiens.

hyGoo^le

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