‹ Théâtre de M. J. Chénier (volume 2)Chapitre 253 sur 258 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

POKCIE.

Je ne les vois plus^ toiu, dont la main nous opprijne,

Appuis de Finjustice et protecteurs du crime,

Dieux ennemis de Kome , 6 tous , dieux irrites ,

Voilà donc les mortels cjoe tous persécutez !

Ah! qu'aux plus noirs chagrins un courage insensible

Quand il faut l'exercer est afireux et pënîhle!

Et ijne de la raison les importims avis

Malgré tous nos effi>rta sont lentement suivis !

Sans cesse elle me dit qu'en des jours si funestes

n faut se résigner aux volontés célestes;

Que je dois, ne pouvant détourner le malheur,

Ne pas laisser du moins triompher ma douleur :

Vaine raison, tu n'as que d'impuissantes armes,

La nature est plus forte et je répands (Tes larmes.

Je n'ai pu, cher Brutus, accomp^ner tes pas,

Malheiveose ! tandis qu'iU volent aux combats,

Il me faut dans ces lieux attendre ma sentence ;

Et le sort n'^st point las d'opprimer leur vaillance!

S'ib périssaient? eh bien, trouver ainsi la oLOrt,

T4'est-ce pas triompher des tyrans et du sort?

Que sont-^ls devenus ces temps où l'hyménée

Aux destins de Brutus joignit ma destinée?

O Brutus I 6 patrie! à nom sacré d'époux!

Saint noeud , hymen formé sons un astre jaloux,

Hymen à qui les dieux devaient un sort prospère ,

hyGoo^le

428 BRUTUS ET CASâlUS.

Et dont s'applaudissaient les mines de mon père!

O Borne ! 6 citoyens dont il était l'honneur!

Doux et libre'avenir ! vain espoir de bonheur!

Vous n'êtes plus qu'an songe ; et mon ame abusée

Sur la foi des vertus s'était trop reposée.

C'est leur voix cependant qui me doit rassurer. ,

Le Gel est contre nous, mais s'il me faut pleurer,

De quelque coup alTreuz que m'accable sa haine ,

Mes pleurs seront au moins les pleurs d'une Romaine.

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